Crypto et comptes en devises : ce qui change pour les jeunes Tunisiens
Le processus de modernisation du cadre réglementaire des changes en Tunisie franchit une étape décisive. Maher Ktari, président de la Commission des finances à l’Assemblée des représentants du peuple, a annoncé ce vendredi 20 février 2026 que le projet de nouveau Code des changes entamera, dès lundi, une série d’auditions parlementaires. Déposé depuis octobre 2025, ce texte ambitieux vise à adapter l’économie tunisienne aux réalités d’un monde globalisé et numérique.
Invité dans une émission radio, le responsable parlementaire a détaillé la feuille de route de ces consultations. Elles débuteront avec les initiateurs du projet avant de s’élargir progressivement à un large éventail d’acteurs : institutions financières, experts, et parties prenantes, aussi bien nationaux qu’internationaux. L’objectif affiché est de bâtir un texte consensuel, reflet d’une réforme structurelle profonde.
Un code pour l’ère numérique et les nouvelles formes de travail
Au cœur de cette réforme, la volonté de substituer la souplesse à la lourdeur administrative. Le futur code prévoit en effet de réduire considérablement les contraintes d’autorisation, notamment en permettant aux résidents tunisiens d’ouvrir et d’utiliser librement des comptes en devises, sans l’aval préalable de la Banque centrale de Tunisie.
Cette mesure est pensée comme un levier majeur pour capter les flux financiers issus de la nouvelle économie. Elle répond spécifiquement à la situation des jeunes Tunisiens travaillant à distance pour des plateformes internationales, en leur offrant un cadre légal pour rapatrier et gérer leurs revenus en monnaie étrangère. Le texte couvre l’ensemble des acteurs économiques, des particuliers aux étudiants, en passant par les résidents et non-résidents, ainsi que le tissu des entreprises exportatrices.
Renforcement de l’attractivité et intégration des monnaies numériques
Au-delà de la détention de devises, le projet de code ambitionne de positionner la Tunisie comme une place plus attractive pour les capitaux étrangers. Pour y parvenir, il mise sur une simplification drastique des procédures administratives et, signe des temps, sur l’intégration explicite des monnaies numériques et des plateformes électroniques dans le périmètre légal.
Selon Maher Ktari, cette refonte s’inscrit dans une stratégie d’ouverture économique « progressive et maîtrisée ». L’enjeu est double : il s’agit à la fois de renforcer la confiance des investisseurs et de reconnaître le rôle moteur des jeunes générations dans le développement national, en leur offrant un cadre juridique en phase avec leurs réalités professionnelles transnationales.
Enfin, le président de la commission a insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre le gouvernement et le Parlement pour finaliser un texte qui, en élargissant les horizons de l’investissement, consolide les fondements de l’économie tunisienne.

