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Quand les pistes vides deviennent des dépotoirs !

Nabeul, gouvernorat aux plages de sable fin et aux senteurs d’orangers, captive chaque année des milliers de visiteurs. Mais en quittant les artères principales pour s’enfoncer dans le dédale du centre-ville, un autre spectacle, moins idyllique, s’offre au regard. Ici, devant des maisons closes aux volets scellés, des espaces vides, propriétés privées en attente, sont devenus le réceptacle clandestin d’ordures ménagères, de débris et de sacs plastique agités par le vent. Ces « pistes », ces interstices urbains, ne sont plus que des plaies à ciel ouvert au sein du tissu vivant de la cité.

La question de la responsabilité plane, aussi persistante que l’odeur qui parfois s’en échappe. La municipalité est-elle défaillante dans son rôle de propreté et de contrôle ?

Mais le doigt est aussi tendu vers le citoyen. Cet « inconscient » qui, peut-être par facilité, par habitude née d’un premier dépôt impuni, transforme un terrain vague en point de collecte de déchets. Un geste individuel, multiplié, qui collectivement dégrade le cadre de vie de tous. L’incivisme, sournois, devient un acte de vandalisme contre sa propre ville.  

Enfin, le propriétaire absent, souvent invisible dans ce débat, porte une part du fardeau. Ces terrains laissés à l’abandon, sans clôture ni signalisation, sont perçus comme des friches de l’incivisme. Leur inertie, qu’elle soit due à des indélicatesses administratives ou à de simples négligences, crée un vide juridique et moral que la malpropreté vient combler.

Cette situation d’abandon ouvre également la porte à d’autres formes de détournement de l’espace. Dans certaines villes, des terrains laissés à l’état de friches, loin des regards, sont parfois investis de manière informelle, notamment par des migrants en situation de précarité à la recherche d’un refuge. Ces interstices urbains, faute de surveillance et d’aménagement, peuvent ainsi se transformer en lieux de survie insalubres et dangereux, révélant une autre facette critique de la gestion des espaces vacants.

Cela  n’est pas qu’un problème de saleté. C’est un phénomène obéit à une logique implacable : un espace négligé perd toute autorité et attire, en retour, un mépris toujours plus grand.

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