Assurance-vie en hausse de 19% : la locomotive d’un secteur à 3,1 milliards de dinars en Tunisie
À fin septembre 2025, le chiffre d’affaires du secteur de l’assurance en Tunisie a franchi le cap des 3,1 milliards de dinars, affichant une croissance dynamique de 11,5% par rapport à la même période de 2024. Cette progression, portée à 3 123,3 millions de dinars (MD), s’inscrit dans un contexte où l’assurance-vie se distingue par une nette embellie.
Selon les dernières statistiques du Comité général des assurances (CGA), la branche vie a en effet connu un essor remarquable. Son chiffre d’affaires a grimpé de 19,1% pour atteindre 888,3 MD, contre 745,7 MD un an plus tôt. Cette performance s’explique en partie par une amélioration significative des résultats techniques, matérialisée par une baisse de 12% des indemnités versées sur cette branche. Conséquence directe : le poids de l’assurance-vie dans le marché total s’est renforcé, passant de 26,6% à 28,4%.
De son côté, l’assurance non-vie maintient une croissance solide, bien que plus modérée. Son chiffre d’affaires a progressé de 8,7% à 2 235 MD, entraînant une légère contraction de sa part de marché, de 73,4% à 71,6%. Certaines lignes de cette branche se sont particulièrement démarquées, comme l’assurance incendie (+12,7%) et l’assurance maladie (+12,3%). Toutefois, l’assurance automobile conserve son statut de premier contributeur au secteur, avec un chiffre d’affaires de 1 234,1 MD, en hausse de 7,9%.
Une gestion des sinistres contrastée entre les branches
L’évolution des indemnités versées aux assurés révèle des tendances divergentes. Au global, celles-ci ont augmenté de 3,4% sur les neuf premiers mois de 2025, une hausse bien inférieure à celle du chiffre d’affaires, ce qui conforte la rentabilité du secteur.
La branche vie tire son épingle du jeu avec une réduction de 12% de ses prestations, tombant à 356,5 MD. À l’inverse, l’assurance non-vie a vu ses indemnités croître de 9% pour s’établir à 1 218,7 MD. Cette hausse est en grande partie attribuable à deux postes de pression majeurs.
L’assurance automobile constitue un défi, avec une explosion des sinistres de 19,5%, un taux bien supérieur à la croissance de son chiffre d’affaires, ce qui pourrait peser sur sa profitabilité. Par ailleurs, les aléas climatiques ont lourdement impacté la branche « grêle et mortalité du bétail », où les indemnités ont littéralement flambé, enregistrant une hausse vertigineuse de 89,5%, reflétant des pertes agricoles significatives survenues au troisième trimestre.
Le secteur tunisien de l’assurance affiche une vitalité certaine, portée par l’excellente tenue de l’assurance-vie. Néanmoins, il doit composer avec des risques croissants dans certains segments non-vie, où la sinistralité évolue à un rythme soutenu.

