Environnement

Transition énergétique en Tunisie : un bilan en demi-teinte selon M. Yaedh Leben + vidéo

Alors que la Tunisie est confrontée à d’importants défis énergétiques, M. Yaedh Leben souligne la voie à suivre, maîtrise de l’énergie et renouvelables. Si le pays peut s’appuyer sur des décennies d’expertise en efficacité énergétique, le développement des énergies vertes, notamment solaires et éoliennes, accuse un retard significatif, comme en témoignent les chiffres de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA).

Face aux défis énergétiques, la Tunisie dispose de deux leviers simples mais essentiels, comme l’explique M. Yaedh Leben : «La solution repose sur l’optimisation de notre consommation grâce à une meilleure efficacité énergétique et des technologies sobres et l’accélération de la décarbonations de notre économie via le déploiement massif des énergies renouvelables. »

Selon lui, la Tunisie possède déjà un atout majeur : « Depuis les années 90, nous avons bâti une réelle compétence en efficacité énergétique. Ce savoir-faire constitue une base incontournable qu’il nous faut absolument capitaliser.»

Cependant, le bilan est beaucoup plus contrasté en ce qui concerne le déploiement des énergies renouvelables. Les données de l’IRENA, citées par M. Leben, illustrent cette dynamique à deux vitesses.

Le solaire en forte progression, l’éolien au point mort

Le secteur  photovoltaïque en Tunisie a connu une progression remarquable, grimpant de 28 MW (2015) à 775 MW (2024), soit une multiplication par 28, preuve d’une stratégie volontariste. Parallèlement, le parc éolien, confronté à des blocages structurels, n’a crû que de 2 % en dix ans, évoluant de 240 à 245 MW, un potentiel ainsi largement sous-exploité.

L’électricité et la bioénergie : un potentiel encore faible

Le bilan des autres énergies vertes reste modeste. Hors hydroélectricité, la capacité de production d’électricité n’a crû que de 4 MW en dix ans, stagnant entre 62 MW (2015) et 66 MW (2024). La bioénergie, bien qu’ayant sextuplé sa capacité (1 MW en 2015 contre 6 MW en 2024), partait d’un niveau si faible qu’elle pèse encore marginalement dans le paysage énergétique.

En conclusion, si la Tunisie peut s’appuyer sur une solide culture de l’efficacité énergétique, le message de M. Yaedh Leben est clair : l’avenir énergétique du pays repose sur une accélération drastique du déploiement des énergies renouvelables, afin de combler son retard et d’assurer sa sécurité et sa souveraineté énergétiques.

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