8 502 MDT d’énergie : la facture qui étrangle la balance courante
La balance des transactions courantes de la Tunisie s’est nettement dégradée au premier semestre 2026, sous l’effet d’un net recul des échanges avec l’extérieur. Le déficit a ainsi bondi à 4 241 millions de dinars (MDT), soit l’équivalent de 2,3 % du produit intérieur brut (PIB).
Un an plus tôt, à la même période, ce déficit n’était que de 2 844 MDT, représentant 1,6 % du PIB. Ce creusement spectaculaire révèle une fois de plus la vulnérabilité structurelle de l’économie tunisienne, prisonnière d’une addiction énergétique dont la note ne cesse de s’alourdir.
Une facture énergétique qui flambe
La Banque centrale de Tunisie (BCT) pointe sans détour le responsable : la facture énergétique nationale a atteint un sommet historique au cours des six premiers mois de l’année, s’établissant à 8 502 MDT, contre 6 370 MDT à la fin juin 2025.
Cette envolée des coûts, dictée par la conjoncture internationale et la dépendance chronique du pays aux approvisionnements extérieurs, grève lourdement les réserves en devises et déséquilibre profondément le solde commercial global.
Hors énergie, une balance courant qui résiste
Si l’on exclut le secteur énergétique, le tableau change radicalement. Hors énergie, la balance courante tunisienne affiche même un solde positif de +2 538 MDT à fin juin 2026.
Ce chiffre témoigne de la résilience du tissu productif et exportateur du pays, toujours capable de générer des recettes en devises. Mais il met surtout en exergue, par contraste, l’effet dévastateur de la note énergétique sur les équilibres extérieurs de la nation.
Ce diagnostic réaffirme avec urgence la nécessité pour la Tunisie d’accélérer sa transition énergétique, de miser résolument sur les énergies renouvelables et de renforcer l’efficacité énergétique, seules voies pour alléger une pression budgétaire devenue intenable.

