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Villepin à l’Europe : « Faites du Maghreb votre partenaire prioritaire »

L’ancien Premier ministre français Dominique de Villepin a adressé un plaidoyer vigoureux en faveur d’une révision en profondeur des relations euro-maghrébines. Lors d’un entretien exclusif diffusé ce jeudi, il a appelé à faire de la Tunisie et du Maghreb le « partenaire prioritaire » de l’Europe, rompant avec les logiques héritées du passé.

S’exprimant à l’invitation de l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE), en marge des Journées de l’Entreprise 2025, l’ancien chef de la diplomatie française a qualifié la Tunisie de « partenaire stratégique incontournable » pour l’Europe. Il prône un partenariat rénové, bâti non plus sur une logique d’aide, mais sur l’égalité, la complémentarité et centré sur trois leviers : la jeunesse, les énergies renouvelables et l’intelligence artificielle.

« La véritable mine d’or, c’est la formation des jeunes générations », a-t-il martelé, saluant une jeunesse maghrébine « dynamique, talentueuse et en phase avec le monde ». Il estime qu’il n’existe aucun décalage de compétences entre cette région et des pôles comme la Silicon Valley, un atout décisif face au vieillissement démographique européen.

Pour Villepin, cette alliance est une évidence géopolitique. « Notre premier partenaire, c’est bien évidemment de l’autre côté de la Méditerranée, le Maghreb », a-t-il déclaré, invitant la France et l’Europe à en faire leur « région prioritaire » dans un monde de plus en plus fragmenté.

Le développement de cette alliance passe, selon lui, par une intégration maghrébine plus poussée, qu’il qualifie d’« impératif ». Il a déploré que « trop de barrières » internes empêchent la région de bénéficier de toutes ses synergies, appelant à s’inspirer du modèle de l’ASEAN pour construire un marché unifié au potentiel considérable.

Concernant les flux migratoires, l’ancien ministre a appelé à dépasser les discours de peur et les amalgames. Il préconise une approche humaniste, fondée sur le dialogue et la coopération avec les pays d’origine et de transit, arguant qu’aider la Tunisie à stabiliser sa situation et créer des emplois contribue directement à une Europe « plus humaine et plus stable ».

Cette intervention, perçue comme un signal fort, place la Tunisie au cœur d’une vision géopolitique méditerranéenne renouvelée, où coopération, innovation et jeunesse doivent constituer les piliers d’un nouveau partenariat.

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