Tunisie-Banque mondiale : 90 millions de dollars pour la protection sociale
La Banque mondiale et la Tunisie consolident leur coopération dans le domaine de la protection sociale. Le Conseil des administrateurs de l’institution de Bretton Woods a approuvé un financement additionnel de 90 millions de dollars en faveur du Projet d’appui à la promotion du développement social (PAPDS). Ce décaissement s’inscrit dans la continuité des efforts engagés pour renforcer les filets de sécurité et offrir des perspectives durables aux populations vulnérables.
Ce nouveau concours vient consolider les acquis d’un premier programme de 700 millions de dollars déployé sur cinq ans. Durant cette phase initiale, plus de 895 000 ménages avaient bénéficié de transferts monétaires d’urgence, tandis que le programme phare d’assistance sociale, AMEN, avait vu ses effectifs s’élargir pour couvrir plus de 386 000 foyers, avec, en parallèle, des allocations familiales versées à plus de 150 000 enfants de moins de six ans. Ces résultats ont conduit les autorités et les partenaires techniques à envisager une montée en puissance des dispositifs existants.
L’objectif central de cette enveloppe supplémentaire est d’étendre la couverture des allocations familiales à quelque 450 000 enfants âgés de six à dix-huit ans issus de ménages pauvres ou à revenus modestes. Cette mesure vise directement à lever les freins à la scolarisation et à lutter contre le décrochage scolaire. Par ailleurs, une partie des fonds sera consacrée à la mise en place d’un fonds national dédié aux personnes handicapées, destiné à financer des prestations adaptées pour favoriser leur insertion sociale et professionnelle.
Au-delà de l’élargissement de la couverture, ce financement accompagne une phase d’accélération de la digitalisation du système tunisien de protection sociale. L’un des axes structurants porte sur la création d’un registre unifié des bénéficiaires, qui doit permettre une meilleure coordination entre les différentes interventions sociales. Le déploiement des outils de paiement numérique figure également parmi les priorités, dans l’objectif de fluidifier les transferts et d’en renforcer la traçabilité.
L’appui de la Banque mondiale intègre par ailleurs une dimension d’inclusion économique. Des initiatives combinant travail indépendant et emploi salarié seront expérimentées afin d’aider les ménages bénéficiaires du programme AMEN à accéder à des opportunités professionnelles durables, contribuant ainsi à une autonomie progressive.
Pour Alexandre Arrobbio, responsable des opérations de la Banque mondiale en Tunisie, cette décision traduit un engagement constant aux côtés du pays pour construire un système de protection sociale plus intégré, flexible et résilient. En ciblant les enfants en âge scolaire et en renforçant les mécanismes d’aide aux personnes handicapées, l’institution entend participer à une meilleure protection des ménages fragiles et à l’amélioration des perspectives d’avenir pour les jeunes générations.
Mohamed El Aziz Ben Ghachem, spécialiste senior en protection sociale à la Banque mondiale, souligne quant à lui que les réformes soutenues dépassent le cadre des seuls transferts monétaires. Le perfectionnement des mécanismes de ciblage, l’instauration d’un registre unique, les expérimentations en matière d’inclusion économique ainsi que l’harmonisation progressive des divers programmes d’assistance et de sécurité sociale posent, selon lui, les jalons d’un système moderne, intégré et piloté par les données.

