Tri sélectif en Tunisie : une loi en attente, une filière en souffrance ?
M. Hamza Chaâouch, président de la Chambre nationale des recycleurs de déchets plastiques, a insisté, dans une déclaration à une radio ce mercredi, sur la nécessité pour le ministère de l’Environnement de promulguer d’urgence la loi sur l’obligation du tri sélectif. Une législation attendue depuis des années par les professionnels du secteur, et qui contribuerait significativement à faciliter la collecte et le recyclage des déchets.
Il a expliqué qu’en vertu de cette loi, les déchets recyclables, tels que les bouteilles en plastique, les emballages métalliques et le papier, seraient collectés auprès des institutions publiques et privées. « C’est une étape cruciale avant de procéder à la valorisation des déchets non recyclables et de les orienter vers les fabricants et les exportateurs », a-t-il précisé.
Mise en garde et interrogations
M. Chaâouch s’est interrogé avec insistance : « Où en est la loi sur l’obligation du tri sélectif ? Où est le soutien pour l’obtention de la certification ISO 14001 ? »
Il a affirmé que le ministère avait « négligé une étape importante », une omission qui, selon lui, compromettrait ces projets et les orientations du département, sans compter la méconnaissance des enjeux pour plus de 25 000 emplois. Ces postes concernent les collecteurs « barbecha », les ramasseurs, les recycleurs et les exportateurs, ainsi que les centres de broyage, de lavage et de collecte répartis sur l’ensemble du territoire.
L’importance stratégique de l’exportation
Le président de la Chambre a également souligné l’importance de l’exportation des matières plastiques, qui génère des devises fortes pour l’État tunisien et permet de créer des milliers d’emplois pour les demandeurs d’emploi. Il a rappelé que la Tunisie avait été pionnière dans le domaine du recyclage des déchets il y a plus de 20 ans, devançant les pays arabes et africains, mais que ces projets étaient à l’arrêt depuis 2010.
M. Hamza Chaâouch a lancé un appel pressant au ministère de l’Environnement pour qu’il intervienne urgemment en soutenant les recycleurs et en les accompagnant dans l’obtention de la certification ISO 14001. Ce soutien est présenté comme indispensable pour faciliter leurs opérations d’exportation du plastique, et ce, dès l’année prochaine.

