Economie

Transition énergétique: 65 % de déficit, 100 % d’urgence renouvelable

Selon Belhassen Chiboub, directeur général de l’électricité et de la transition énergétique au ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, la Tunisie doit impérativement s’engager dans la transition énergétique pour remédier à un déficit énergétique qui atteindra près de 65 % en 2025. Lors d’une rencontre organisée mercredi le 08 avril 2026 par l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP) sur le site d’une centrale photovoltaïque, il a insisté sur le fait que cette orientation est cruciale pour assurer la sécurité énergétique du pays et favoriser un développement économique durable.

Le responsable a détaillé les deux piliers fondamentaux de cette stratégie nationale : la production d’électricité à partir de sources renouvelables, d’une part, et la maîtrise de la demande énergétique, d’autre part. Concernant la filière renouvelable, il a précisé qu’elle repose sur trois mécanismes intégrés – l’autoproduction, le régime des licences et le système des appels d’offres (appelés « lazmat ») – permettant d’atteindre plusieurs objectifs stratégiques.

Le premier objectif est d’ordre sécuritaire : garantir l’autosuffisance et la sécurité d’approvisionnement électrique à partir de ressources locales. Le deuxième objectif est économique : réduire le coût de production de l’électricité, alléger les charges de soutien public pesant sur le budget de l’État et sur les entreprises, renforcer ainsi la compétitivité du secteur productif, et favoriser l’émergence d’un tissu économique national dédié aux énergies renouvelables, impliquant diverses structures et sociétés tunisiennes.

M. Chiboub a également souligné que les projets menés dans ce domaine reposent désormais largement sur les compétences et les entreprises locales, grâce à la collaboration entre l’Agence nationale de maîtrise de l’énergie, le ministère de l’Industrie, la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz, ainsi que des institutions médiatiques comme la TAP. Il a ajouté que le développement de la production renouvelable contribuera à diminuer les importations énergétiques, réduisant ainsi la pression sur les devises et améliorant la balance commerciale du pays.

Enfin, le directeur général a évoqué les dimensions environnementale et sociale de la transition énergétique. Il a rappelé son rôle dans la réduction des émissions de carbone et sa capacité à générer de nouveaux emplois, notamment dans les régions intérieures, à travers les projets réalisés dans le cadre des licences et des appels d’offres, ce qui permet de répartir les investissements sur l’ensemble du territoire.

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