News

TotalEnergies anticipe un bénéfice net en recul pour 2025, malgré une production en hausse

Les prévisions pour les résultats annuels de TotalEnergies en 2025 confirment une tendance à l’érosion des profits, héritée du reflux des cours du pétrole. Selon les analystes consultés par Bloomberg et FactSet, le bénéfice net annuel devrait s’établir respectivement à 12,22 et 13 milliards d’euros, en repli par rapport aux 15,2 milliards d’euros de 2024. Le groupe s’éloigne ainsi sensiblement des sommets historiques atteints en 2022 (19 milliards) et 2023 (19,8 milliards), années marquées par la flambée des prix de l’énergie.

Ce retour à des niveaux moins élevés intervient dans un contexte de volatilité soutenue sur les marchés pétroliers. En 2025, le baril de Brent a évolué en moyenne autour de 66 dollars, sous la pression conjuguée de plusieurs facteurs : incertitudes économiques mondiales attisées par la politique commerciale américaine, escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et décision de l’OPEP+ de relancer sa production pour soutenir une demande atone.

« Nous ne contrôlons pas les marchés. Aujourd’hui, la volatilité provient non seulement de l’offre et de la demande, mais aussi de la géopolitique », a récemment rappelé le PDG Patrick Pouyanné.

Compensation par les volumes et la diversification

Pour atténuer l’impact de la baisse des prix de vente, TotalEnergies mise sur l’augmentation de sa production dans ses trois piliers : le pétrole, avec les nouvelles mises en service de Mero au Brésil et Ballymore aux États-Unis ; le gaz, avec les démarrages des projets Tyra au Danemark et Fenix en Argentine ; et l’électricité. Le groupe met en avant son modèle diversifié, tant sur le plan géographique qu’énergétique, pour mieux résister aux turbulences.

Cette stratégie contraste avec les résultats très divergents de ses concurrents. Mardi, le britannique BP a annoncé un effondrement de 86% de son bénéfice net, à 55 millions de dollars, pénalisé par les prix et de lourdes dépréciations. À l’inverse, Shell a publié la semaine dernière un bénéfice net en hausse de 11% pour 2025, à 17,83 milliards de dollars, grâce à des volumes de vente élevés et une réduction des coûts.

Révision des investissements et stratégie climatique

Comme ses pairs, TotalEnergies maintient son cap sur une production croissante d’hydrocarbures dans les prochaines années. Toutefois, à la différence de Shell et BP qui ont révisé à la baisse certains de leurs objectifs climatiques, le groupe français affirme poursuivre une stratégie « constante », alliant croissance dans les hydrocarbures à forte marge et investissements sélectifs dans les énergies bas carbone.

Pour faire face à un environnement jugé « incertain », le groupe a annoncé en septembre un plan d’économies de 7,5 milliards de dollars sur la période 2026-2030, incluant une réduction des investissements et des coûts opérationnels. Les investissements nets sont désormais prévus autour de 16 milliards de dollars en 2026, puis entre 15 et 17 milliards annuels jusqu’en 2030. La part allouée aux énergies bas carbone sera d’environ 4 milliards de dollars par an, soit 25% du total, contre un tiers précédemment.

Parallèlement, TotalEnergies vise une croissance d’environ 20% par an de sa production d’électricité d’ici 2030, pour atteindre 100 TWh. Le mix prévu sera composé à 70% d’énergies renouvelables (éolien et solaire) et à 30% de centrales à gaz, destinées à compenser l’intermittence des renouvelables.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *