News

Suite au rapport accablant : Kaïs Saïed somme la justice d’agir

Le Président de la République, Kaïs Saïed, a reçu vendredi au Palais de Carthage Mme Fadhila Gargouri, première vice-présidente de la Cour des comptes. Cette rencontre fut l’occasion de la remise du rapport annuel général ainsi que d’une série d’analyses sectorielles portant sur l’exercice précédent.

Les conclusions présentées sont sans appel. Les contrôles réalisés par la Cour font état de défaillances profondes et généralisées. Rien que pour onze structures publiques examinées, les pertes financières s’élèveraient à près de 1 070 millions de dinars. Parmi les entités les plus touchées figurent la compagnie nationale Tunisair, avec un déficit évalué à plus de 316 millions de dinars, et l’Office de la marine marchande et des ports, accusant des pertes d’environ 291 millions de dinars.

La Cour identifie des causes claires à ces dépassements, qualifiés par certains de « crimes ». Elle pointe notamment le versement irrégulier de salaires, primes et indemnités, couplé à l’insuffisance criante des mécanismes de contrôle et de suivi interne.

Face à ces chiffres alarmants, le Chef de l’État n’a pas mâché ses mots. Il y voit le reflet de « l’ampleur de la dévastation et du sabotage systématique » qu’aurait subi le pays. Insistant sur la nécessité d’une réponse juridique ferme, il a affirmé que « le peuple tunisien est en droit de récupérer l’intégralité de ses fonds ». Pour le Président, si les rapports sont essentiels, « ce qui l’est davantage encore, ce sont les mesures, effets et résultats juridiques qui doivent en découler ».

M. Saïed a également appelé à réviser plusieurs textes législatifs afin d’éradiquer les racines d’une situation « qui ne saurait perdurer ». Il a rappelé avec force que le peuple a « le droit d’exiger des comptes et des poursuites », ces fonds détournés étant les siens, ses droits ayant été confisqués.

Enfin, le Président a tenu à préciser la philosophie de l’action requise : il ne s’agit pas d’instaurer des juridictions d’exception pour régler des comptes, mais de garantir une Cour des comptes pleinement efficace et une justice rapide et équitable dans l’ensemble des tribunaux, quelles que soient leurs attributions. L’objectif ultime reste le rétablissement de la confiance et la protection des deniers publics.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *