Stockage électrique : la Tunisie face à un marché colossal de 3.000 MWh
Face à une facture énergétique qui plombe les finances publiques et une consommation électrique qui grimpe de 5 % chaque année, la Tunisie tente d’accélérer sa transition vers les renouvelables. Dans cette stratégie, le déploiement de systèmes de stockage par batteries (BESS) s’impose comme un outil crucial.
Le marché potentiel pour ces installations géantes, destinées aux secteurs industriel et commercial, est aujourd’hui estimé à 3 000 MWh. Ces solutions, prisées pour leur flexibilité et leur rapidité d’installation, sont perçues comme un moyen de sécuriser un réseau national où la part du solaire et de l’éolien ne cesse de croître.
Après un démarrage poussif, le pays a nettement accéléré le rythme dans les énergies propres, atteignant désormais une capacité installée de 1 000 MW (solaire et éolien). Pourtant, la dépendance énergétique reste criante : la Tunisie doit encore importer 65 % de ses besoins, avec une forte concentration de ces achats auprès de l’Algérie, qui représente 78 % des importations.
Les objectifs officiels restent ambitieux : porter la part des énergies renouvelables dans le mix électrique à 35 % d’ici 2030, puis à 50 % en 2050. Malgré l’échéance proche de 2030, des experts du secteur estiment que cet objectif demeure atteignable.
L’intermittence, talon d’Achille de la transition
C’est là qu’intervient le stockage. Pour Ali Kanzari, président de la Chambre syndicale nationale des installateurs de Photovoltaïque, « le défi majeur de cette transition reste l’intermittence du soleil et du vent ». Intervenant à Rimini (Italie) lors d’un panel consacré aux BESS comme solution clé pour la Tunisie, il a souligné que le stockage était devenu indispensable à la stabilité du réseau.
Si des projets de grande envergure comme la station de transfert d’énergie par pompage (STEP) d’El Meleh (600 MW) sont dans les cartons pour 2033, l’urgence de la situation pousse le pays à se tourner vers des alternatives. Selon M. Kanzari, les batteries s’imposent comme une réponse plus rapide à déployer et moins coûteuse pour faire face aux défis immédiats du réseau.

