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Ramadan: bientôt 70 dinars le kilo de viande ?

À quelques semaines du mois de Ramadan, la tension monte dans le secteur de la viande rouge en Tunisie. La Chambre nationale des bouchers, par la voix de son président Ahmed Laâmiri, a tiré la sonnette d’alarme face à une offre locale jugée insuffisante en ovins et bovins. Pour éviter une nouvelle hausse des prix, les professionnels réclament l’ouverture de l’importation aux opérateurs privés ou un recours accru à la Société Ellouhoum.

Lors d’une conférence de presse organisée au siège de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), Ahmed Laâmiri a brossé un tableau préoccupant de la situation. Selon lui, les prix pratiqués actuellement sur le marché sont déjà « inquiétants », avec un kilo d’agneau dépassant les 65 dinars dans certaines régions, et le « berchni » (viande de jeune bovin) frôlant les 58 dinars.

Le problème risque de s’accentuer durant le mois saint, traditionnellement marqué par une forte consommation. Les professionnels observent, en effet, une baisse significative des importations de viandes réfrigérées, en recul d’environ 35 % par rapport à la même période l’an dernier. Un signal qui laisse craindre un franchissement du seuil symbolique des 70 dinars le kilogramme.

Dans ce contexte, la Chambre nationale des bouchers dit avoir multiplié les correspondances à destination des ministères du Commerce et de l’Agriculture, ainsi qu’à l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP). Des démarches restées, pour l’heure, sans réponse « concrète ».

Au-delà de l’impact sur le pouvoir d’achat des consommateurs, cette flambée des prix fragilise également la profession. Selon les données fournies par la Chambre, près de 3 000 boucheries auraient mis la clé sous la porte depuis 2018, sur un total de 9 000 points de vente recensés dans le pays. Une hémorragie que les professionnels attribuent directement à la baisse de la demande et aux marges de plus en plus réduites.

Les boucheries encore en activité se disent prêtes à commercialiser la viande locale « sans marge bénéficiaire », à condition que l’offre soit suffisante pour répondre à la demande. Un engagement qui reste toutefois conditionné à un approvisionnement régulier du marché.

La Chambre anticipe par ailleurs d’éventuelles difficultés pour l’Aïd al-Adha, si l’importation de viandes et de moutons vivants n’est pas relancée rapidement. Des discussions seraient en cours avec des fournisseurs étrangers, en mesure de proposer plus de 10 000 têtes, à des prix oscillant entre 500 et 900 dinars l’unité.

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