Ramadan 2026 : qui jeûnera 16 heures et qui s’en sortira avec 11 heures ?
À quelques mois du coup d’envoi du mois sacré, les premières projections astronomiques dessinent un Ramadan 2026 (1447 H) placé sous le signe de la clémence. Selon les calculs des spécialistes, l’entrée en jeûne interviendrait aux alentours du 19 février, soit à une période où l’hiver n’a pas encore cédé la place au printemps dans l’hémisphère nord. Une configuration qui offre aux fidèles des journées sensiblement plus courtes que lors des épisodes estivaux, rendant l’effort physique plus accessible.
Mais cette relative douceur ne gomme pas les contrastes. D’un bout à l’autre de la planète, les horaires de l’aube et du coucher du soleil composent une géographie du jeûne aux mille visages. Plus on monte vers le nord, plus l’épreuve s’allonge. Dans les contrées proches du cercle polaire, à Nuuk comme dans certaines villes islandaises ou norvégiennes, la journée de privation frôle et parfois dépasse les seize heures. Un défi quotidien qui, pour ces communautés, soulève régulièrement la question des accommodements religieux face à des journées sans nuit.
À l’opposé, dans l’hémisphère sud où l’été touche à sa fin, les durées de jeûne restent parmi les plus légères au monde. Chiliennes, Argentins, Néo-Zélandais ou Sud-Africains rompent le jeûne après onze à douze heures à peine.
Le monde arabe en ordre dispersé
Dans les capitales arabes, le mois sacré 2026 se distingue par une homogénéité relative et des horaires plutôt modérés. Logiquement, ce sont les pays les plus proches de l’équateur qui décrochent les jeûnes les plus brefs : à Moroni, aux Comores, on ne dépasse guère les 12 heures 45 ; à Mogadiscio, 12 heures 55 ; à Djibouti, 13 heures 5.
Remontant vers le nord, le compteur s’allonge. Dans les monarchies du Golfe et au Caire, la journée tourne autour de 13 heures 20 à 13 heures 35. Mais c’est à l’extrême ouest que le Maghreb truste les premières places. Rabat tutoie les 14 heures, talonné par Tunis (13 h 52) et Alger (13 h 50).
La turbanche nordique et les stables de l’équateur
Hors du cercle arabe, les contrastes s’accentuent. Astana, au Kazakhstan, approche les 15 heures 30 de jeûne quotidien. Sarajevo et Ankara ne sont pas en reste, avec respectivement 14 h 50 et 14 h 40. À Téhéran, le soleil se fait attendre plus de 14 heures ; à Islamabad, 14 h 5.
Autre monde, autre rythme. Sous les latitudes équatoriales, rien ne varie. À Jakarta, Kuala Lumpur, Kampala ou Nairobi, le cadran affiche imperturbablement treize heures de privation, été comme hiver. Une constance que seule l’équateur peut offrir.
Un Ramadan plus doux qu’en 2024
Ce millésime 2026 s’annonce comme l’un des plus abordables des dernières années. La faute – ou la grâce – à ce calendrier hivernal qui retarde le lever du soleil et avance sa tombée. Dans la plupart des capitales arabes, le gain est estimé entre trente et cinquante minutes par rapport à Ramadan 2024. Avec, en prime, un allongement progressif du jour très lent : une à deux petites minutes par vingt-quatre heures.
Ramadan 2026 rappelle, s’il en était besoin, que le jeûne n’est pas une pratique uniforme. Il épouse les saisons, se plie aux longitudes et compose avec les caprices du globe. Une diversité qui n’entame en rien l’unité du rite, mais lui donne, partout dans le monde, une saveur particulière.

