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Projet de loi de finances 2026 : entre ambitions sociales et inquiétudes sur la mise en œuvre

Dans une interview accordée à une radio, l’expert-comptable Anis Wahabi a commenté la loi de finances pour l’année 2026, soulignant à la fois ses dimensions sociales et les défis pratiques qu’elle soulève. Bien qu’il salue l’orientation stratégique de l’État, il déplore l’absence de documents explicatifs, un manque qui porte, selon lui, atteinte à la transparence financière.

Des dispositions jugées peu claires

Anis Wahabi relève que plusieurs articles du texte présentent des formulations inhabituelles, éloignées des standards juridiques usuels, et pourraient s’avérer difficilement applicables. Il cite notamment des mesures emblématiques, telles que le principe d’une voiture par famille ou l’ouverture de comptes en devises, dont la rédaction suscite des interrogations.

Concernant la contribution sociale de solidarité, il précise qu’elle est reconduite, avec un maintien du taux pour les personnes physiques, alors que sa suppression était initialement envisagée pour 2026. Pour les entreprises, en revanche, le taux reste majoré.

L’impôt sur la fortune : une application en question

L’expert-comptable est revenu sur l’instauration de l’impôt sur la fortune, présenté comme un levier d’équité fiscale. Ce dernier s’applique aux biens situés en Tunisie, quelle que soit la résidence du propriétaire, ainsi qu’aux actifs détenus à l’étranger par les résidents. Certains biens, cependant, en sont exonérés, comme la résidence principale, les actifs professionnels ou les véhicules peu puissants.

Malgré ces précisions, Anis Wahabi doute de son rendement réel, en l’absence de mécanismes de contrôle robustes et de modalités d’application bien définies. Il met en garde contre les impacts potentiels sur les opérateurs économiques et rappelle que les textes fiscaux sont souvent adoptés sans études d’impact préalables.

Facturation électronique : une généralisation précipitée ?

La loi élargit également le champ de la facturation électronique, désormais étendue à l’ensemble des prestataires de services. Une évolution qui vise à renforcer la transparence et à accélérer la transition numérique.

Toutefois, la notion même de « prestataires de services » reste floue, et la généralisation brutale de l’obligation inquiète le secteur. L’expert s’interroge sur la capacité technique du système à absorber près de 380 000 nouveaux utilisateurs, et critique le calendrier serré ainsi que les sanctions prévues en cas de non-conformité.

En conclusion, Anis Wahabi appelle les autorités à fournir des clarifications urgentes et à proposer des solutions concrètes pour une application apaisée et efficace de cette réforme, sans pénaliser les acteurs concernés.

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