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Pétrole : pourquoi le conflit pourrait coûter très cher à la Tunisie ?

L’escalade du conflit au Moyen-Orient commence à faire tressaillir les marchés mondiaux de l’énergie, avec des répercussions qui pourraient s’avérer lourdes de conséquences pour les pays importateurs comme la Tunisie. Selon la dernière note de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), publiée mardi, les cours du brut et du gaz ont enregistré des bonds spectaculaires depuis le début des hostilités.

Le baril de Brent, référence mondiale, s’est ainsi envolé de 35 % à la date du 9 mars, tandis que le TTF néerlandais, qui sert de baromètre pour le gaz naturel en Europe, a grimpé de 75 %. Une flambée qui ne s’est pas arrêtée aux seuls hydrocarbures bruts : les marchés des produits raffinés, en particulier le diesel et le kérosène, ont été frappés de plein fouet par cette volatilité.

Pour la Tunisie, pays structurellement dépendant des importations énergétiques, cette conjoncture internationale agit comme une véritable épée de Damoclès sur ses équilibres financiers. L’un des principaux motifs d’inquiétude réside dans la menace pesant sur le détroit d’Ormuz. Ce passage stratégique, par lequel transite près d’un quart du commerce mondial de pétrole par voie maritime, est devenu un point de vulnérabilité majeur. Toute perturbation à cet endroit précis pourrait gripper les chaînes d’approvisionnement et accentuer la pression sur les prix.

Interrogé par l’agence TAP, l’expert-comptable Anis Wahabi met en garde contre l’impact direct de cette crise sur les finances du pays. « L’augmentation des prix du pétrole entraînera mécaniquement une hausse de la facture énergétique nationale, surtout si cette situation perdure », a-t-il expliqué. Une telle persistance risquerait de creuser davantage le déficit commercial et de peser sur les réserves de devises, fragilisant un peu plus une économie tunisienne déjà sous tension.

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