Pétrole : Le Brent hésite à 71,49 $, coincé entre Trump et l’espoir iranien
Les cours du pétrole ont terminé la séance du lundi 23 février 2026 sur une note hésitante, illustrant parfaitement la complexité des forces qui animent actuellement le marché. Le baril de Brent de la mer du Nord a ainsi cédé 0,37 %, pour s’établir à 71,49 dollars. Outre-Atlantique, le West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mars a suivi une trajectoire similaire, reculant de 0,26 % pour clôturer à 66,31 dollars, selon les données de plateformes spécialisées.
Ce repli, bien que modeste, est le symptôme d’un marché placé sous pression par deux facteurs antagonistes. D’un côté, l’ombre d’une guerre commerciale attisée par les nouvelles hausses de droits de douane annoncées par l’administration Trump pèse sur les perspectives de croissance mondiale. Les analystes s’accordent à dire que cette incertitude économique tempère les anticipations de demande future en carburant.
De l’autre côté, un facteur stabilisateur a émergé pour contrebalancer ces craintes : la diplomatie. Les signaux envoyés par Washington et Téhéran, qui se disent prêts à entamer un troisième cycle de négociations sur le programme nucléaire iranien, ont apaisé les inquiétudes du marché. Cette ouverture a en effet dissipé, en partie, le spectre d’une escalade militaire majeure dans la région, qui aurait pu gravement perturber les approvisionnements mondiaux de brut.
Ce repli modéré intervient après une semaine marquée par une forte tension. Le 20 février, les prix avaient déjà terminé en ordre dispersé, mettant fin à deux séances de hausse consécutives, qui étaient elles-mêmes alimentées par les craintes géopolitiques. Sur l’ensemble de la semaine précédente, la tendance était même résolument haussière, avec une progression de 5,9 % pour le Brent et de 5,5 % pour le WTI, portée par la rhétorique musclée de Washington menaçant Téhéran de « graves conséquences » en l’absence d’un accord rapide sur le nucléaire.
Enfin, un nouvel acteur est venu ajouter à la complexité de l’équation : la Chine. Ce lundi, Pékin a officialisé le lancement d’une « évaluation approfondie » de la décision de la Cour suprême américaine concernant les droits de douane. Tout en appelant Washington à revenir sur ces mesures unilatérales visant ses partenaires commerciaux, la Chine envoie un signal clair de résistance. Cette posture ravive les incertitudes quant à l’avenir des relations commerciales entre les deux géants, un facteur clé pour la stabilité de la demande mondiale d’énergie.

