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Pétrole: 164 millions par dollar, le lourd tribut de la dépendance énergétique

Face à la volatilité des marchés énergétiques, exacerbée par les tensions géopolitiques avec l’Iran, la Tunisie affirme avoir pris ses dispositions pour amortir le choc de la hausse des cours du brut. C’est ce qu’a déclaré, ce mercredi 4 mars 2026, le secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, lors d’une audition par la commission des finances de l’Assemblée des représentants du peuple.

Selon le responsable, les ministères de l’Industrie et des Finances ont mobilisé les ressources financières et logistiques nécessaires pour garantir l’approvisionnement du pays. La stratégie repose notamment sur la sécurisation des approvisionnements : la majorité des contrats de pétrole brut ont été conclus avec l’Azerbaïdjan, tandis que le gaz de pétrole liquéfié (GPL) provient principalement d’Algérie. Des volumes complémentaires sont également achetés auprès de fournisseurs européens, dans une logique de diversification.

Un baril à 63,3 dollars : une hypothèse budgétaire sous tension

Le secrétaire d’État a rappelé que la loi de finances 2026 avait été construite sur la base d’un baril à 63,3 dollars. Or, chaque dollar supplémentaire creuse un peu plus le déficit budgétaire, représentant un surcoût de 164 millions de dinars pour l’État.

Le déficit énergétique national a par ailleurs atteint 65 %, un niveau préoccupant expliqué par l’absence de nouvelles découvertes majeures et le manque d’engagement des grandes compagnies pétrolières dans l’exploration. Le ministère assure toutefois de la transparence des données de production et d’exportation, mises à disposition du public sur son site officiel.

Renforcement des interconnexions et stratégie de hub régional

Dans le cadre de la coopération transfrontalière, la Tunisie dispose actuellement de cinq liaisons électriques avec l’Algérie et deux avec la Libye. Des études sont en cours pour consolider ces infrastructures, dans l’objectif de faire du pays une plateforme énergétique régionale.

Interrogé sur les coupures de courant ponctuelles lors des pics de consommation, Wael Chouchane a précisé qu’il s’agissait d’une mesure de sauvegarde du réseau. Il a également évoqué le futur projet d’interconnexion électrique avec l’Italie comme une solution structurelle pour réduire ces interruptions à long terme.

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