Culture et arts

Patrimoine : la Tunisie lance sa grande réforme pour 2026

Dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances pour 2026, Madame Amina Srarfi, ministre des Affaires culturelles, a présenté ce matin les grandes orientations budgétaires de son département. Lors d’une session plénière conjointe, l’accent a été mis sur la modernisation du cadre juridique patrimonial, une réforme structurelle institutionnelle et un soutien renforcé à la vie culturelle.

Une nouvelle ère pour la protection du patrimoine

La cheffe du département de la Culture a annoncé une avancée significative dans la modernisation du secteur. La révision du Code de protection du patrimoine archéologique, historique et des arts traditionnels, datant de 1994, affiche un taux d’achèvement de 80%. Le texte finalisé est attendu pour le début de l’année prochaine, marquant une étape cruciale dans l’adaptation de la législation aux enjeux contemporains.

Poursuivant sa mue, le ministère a acté la création d’un nouvel établissement public : l’Office National du Patrimoine. Cette structure, fruit de la fusion de plusieurs institutions existantes, vise à clarifier les compétences et à optimiser l’efficacité des actions de préservation et de mise en valeur du patrimoine national.

Fréquentation en hausse et projets territoriaux

Les efforts de valorisation portent leurs fruits. La fréquentation des sites et musées a connu une croissance notable, avec un million de visiteurs accueillis en 2024. Les prévisions pour 2025 sont encore plus optimistes, tablant sur 1,5 million de visites. Cette dynamique a permis à l’Agence de mise en valeur du patrimoine d’enregistrer des recettes propres avoisinant les 16 millions de dinars.

Sur le terrain, de nombreux projets avancent à travers le pays. La ministre a fait un point d’étape sur des dizaines d’opérations, dont beaucoup ont vu leurs études finalisées ou leurs travaux démarrer. Un focus particulier a été mis sur l’île de Djerba, bénéficiaire d’un plan d’action spécifique depuis son classement au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce plan inclut la restauration de mosquées, des études techniques et des activités de sensibilisation, avec l’ouverture prévue d’un centre de présentation du site début 2026.

Une vie culturelle soutenue

Le paysage festif et culturel tunisien reste très actif. Le ministère soutient financièrement six grands festivals nationaux et pas moins de 1 229 festivals régionaux et locaux, dont 298 festivals d’est prévus pour 2025. L’enveloppe globale dépasse les 20 millions de dinars, à laquelle le ministère contribue pour plus de 10 millions.

En 2024, les institutions culturelles ont été le théâtre d’environ 40 000 activités, avec des pics durant le Mois du Patrimoine (1 600 activités) et les nuits ramadanesques (1 300 activités). La ministre a également détaillé le soutien apporté à des événements dans des gouvernorats tels que Médenine, Kasserine, le Bassin minier ou Sidi Bouzid, ainsi qu’au Festival international du cinéma pour l’enfance et la jeunesse de Sousse (105 000 dinars).

Modernisation administrative et priorité aux ressources humaines

Pour accompagner ces transformations, le ministère s’est engagé dans une vaste réforme administrative et numérique. L’objectif est de construire une gestion culturelle moderne, fondée sur la transparence, la décentralisation et l’efficacité.

Enfin, Madame Srarfi a placé la régularisation de la situation des contractuels au rang de « priorité absolue », suite à la promulgation de la Loi n° 9 de 2025. Elle a assuré que son département œuvrait à appliquer les principes de transparence et d’égalité des chances. Certaines catégories, comme les animateurs et les professeurs de musique, nécessiteraient toutefois l’adoption d’un texte législatif spécifique pour finaliser leur intégration.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *