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Partenariat Russie-Afrique : simple dialogue économique ou nouvelle alliance géopolitique ?

Lors de la deuxième Conférence ministérielle du Forum de partenariat Russie-Afrique, le ministre tunisien des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, a appelé à un renforcement des liens entre le continent africain et la Russie. Face à un contexte international « délicat » et à l’enchevêtrement des crises, il a insisté sur la nécessité de « conjuguer les efforts » dans le cadre d’une alliance structurée.

Les fondements d’un partenariat renouvelé

Dans son allocution prononcée au Caire, M. Nafti a défini les piliers sur lesquels ce partenariat devrait reposer, solidarité, dialogue constructif, respect mutuel et non-ingérence. Il a souligné l’importance d’une coopération alignée sur les priorités de développement de chaque pays, dans un esprit de complémentarité.

Le ministre a rappelé l’engagement historique et l’ancrage africain de la Tunisie, fidèle à ses frères du continent dans la lutte contre le colonialisme et pour la paix. Il a réaffirmé la détermination de son pays à œuvrer, en coordination avec les nations africaines, pour diversifier les partenariats internationaux, tant bilatéraux que multilatéraux.

Évaluer les progrès et ouvrir de nouvelles voies

Cette rencontre est vue par Tunis comme une opportunité pour faire le bilan des avancées depuis le premier sommet de Sotchi en 2024, notamment sur les projets du Plan d’action Russie-Afrique. M. Nafti a pointé la question cruciale du financement, appelant à mettre en place des mécanismes appropriés pour une concrétisation effective sur le terrain.

Parmi les propositions tunisiennes figure l’instauration d’une coopération novatrice entre le groupe africain et d’autres blocs régionaux où la Russie est influente, comme l’Union économique eurasiatique. Compte tenu du potentiel immense des deux parties, le ministre a invité Moscou à développer ses échanges commerciaux et à accroître ses investissements en Afrique, particulièrement dans l’agriculture, l’industrie et les énergies renouvelables. Un levier, selon lui, pour booster l’intégration économique et soutenir les transitions énergétique, écologique et numérique du continent.

Une voix africaine unie pour la stabilité

Dépeignant l’Afrique comme « le continent du présent et de l’avenir », M. Nafti a estimé qu’elle doit porter une voix « unifiée et influente » sur la scène mondiale, en partenaire fort d’un ordre international plus juste.

Sur les dossiers de sécurité, le chef de la diplomatie tunisienne a réaffirmé le soutien total de son pays à l’unité et la stabilité du Soudan. Pour la Libye, il a espéré une solution politique consensuelle par le dialogue, saluant à cet égard le rôle du mécanisme de concertation tripartite Tunisie-Algérie-Égypte.

Dans un élan de solidarité avec les « causes justes », M. Nafti a également réitéré le soutien constant de la Tunisie au peuple palestinien et à son droit à un État indépendant et souverain, avec Jérusalem pour capitale.

En marge de la conférence, les ministres et chefs de délégation ont été reçus par le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi.

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