Or, argent, cobalt : le trio gagnant de l’Afrique en 2025
L’année 2025 restera dans les annales des marchés de matières premières comme une période de fièvre historique. Sous l’effet conjugué des tensions géopolitiques, de la transition énergétique accélérée et des orientations de la politique monétaire américaine, les cours des métaux précieux et stratégiques ont enregistré des performances spectaculaires. Cette envolée a créé un vent de prospérité pour plusieurs nations africaines productrices, tout en consacrant le statut de valeur refuge de ces minerais dans un paysage économique mondial tumultueux.
L’or en chef de file, l’argent en étoile filante
Sans conteste, l’or a tiré le marché vers le haut. Avec une progression de 66%, porté à 4 315 dollars l’once, le métal jaune a brillé de tous ses feux. Sa trajectoire a été soutenue par une demande industrielle et joaillière robuste, un appétit renouvelé des banques centrales et son rôle traditionnel de bouclier face aux incertitudes. Le continent africain, qui abrite près d’un tiers des réserves planétaires, en a retiré des bénéfices substantiels. Le Ghana, le Mali, l’Afrique du Sud, le Burkina Faso et la Guinée figurent parmi les grands gagnants, particulièrement les États ayant renforcé leur souveraineté minière via des cadres législatifs favorables.
Mais la surprise est venue de l’argent. Le métal a réalisé la plus forte ascension du panel, bondissant de 144% pour frôler les 72 dollars l’once. Cette performance exceptionnelle s’explique par ses applications industrielles critiques et par un « effet satellite » de la hausse de l’or. Au Maroc, en Afrique du Sud, en Tanzanie, en Namibie et au Ghana, l’exploitation argentifère est devenue un puissant levier économique.
Platine, cobalt, cuivre : le trio gagnant de la transition et de la rareté
La rareté et les débouchés industriels ont propulsé le platine, qui a gagné 124%. L’Afrique du Sud, qui domine la production mondiale, en est le principal bénéficiaire, avec des débouchés allant de l’automobile à la médecine.
Le cobalt, pierre angulaire de l’électromobilité, a vu son prix s’envoler de 120%. Cette hausse a été accentuée par la décision stratégique de la République Démocratique du Congo (RDC) – qui fournit plus des trois quarts de l’offre mondiale – de suspendre temporairement ses exportations pour soutenir les cours. La RDC reste ainsi au centre de ce jeu de pouvoir, avec la Chine comme partenaire commercial incontournable.
Le cuivre, baromètre de l’économie mondiale, a progressé de 45%. Les tensions sur l’offre et les politiques commerciales ont profité aux grands bassins miniers africains, notamment en RDC, en Zambie et en Afrique du Sud. La demande insatiable des secteurs des énergies vertes et des data centers a maintenu une pression constante sur les prix.
Lithium et étain dans le sillage
Même face à une offre abondante, le lithium, indispensable à la révolution des batteries, a progressé de 57%, profitant à des producteurs émergents comme le Zimbabwe, la RDC, le Mali et la Namibie. L’étain a également suivi la tendance, avec une hausse de 50%.
2026 : vers un ralentissement du rythme ?
Si les fondamentaux restent solides pour les métaux, la majorité des analystes anticipent un rythme de croissance moins soutenu en 2026. L’évolution des taux directeurs aux États-Unis, les aléas géopolitiques et les goulots d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement pèseront sur la dynamique. Les investisseurs gardent également un œil sur l’endettement des grandes économies et l’impact énergivore de l’intelligence artificielle, deux facteurs susceptibles d’amplifier la volatilité sur ces marchés stratégiques.
Une certitude demeure : la carte des opportunités économiques en Afrique a été profondément remodelée par cette année record, confirmant le rôle central du continent dans l’approvisionnement mondial en ressources critiques.

