Nabeul célèbre Aïd-El-Fitr en saveurs
Nabeul, la Cité des Potiers , l’annonce de la fin du Ramadan ne se fait pas uniquement par la vue du croissant de lune, mais aussi par les effluves envoûtants qui s’échappent des cuisines. Les fourneaux nabeuliens s’activent pour honorer une tradition séculaire. La Mloukhiya et le Mchalwat, deux piliers de la gastronomie locale qui transforment le déjeuner de l’Aïd en un véritable banquet royal.
La Mloukhiya : L’or vert des monarques
Véritable institution, la Mloukhiya nabeulienne est bien plus qu’un simple ragoût. Ce plat de couleur vert foncé, presque noir, tire son nom de la « Mouloukia » (monarchie), rappelant qu’il fut jadis le mets de prédilection des Sultans ottomans et des Beys de la dynastie husseinite. On lui prêtait autrefois des vertus aphrodisiaques, mais aujourd’hui, c’est sa symbolique de porte-bonheur et de prospérité qui prime.
Smid ou Tabouna : deux pains, une tradition pour l’Aïd à Nabeul
Sa préparation est un exercice de patience, la poudre de corète doit mijoter sur un feu doux pendant plus de huit heures, souvent commencée dès la veille de l’Aïd. Riche en calcium, elle est servie avec le « Khobz Smid », ce pain de semoule maison ou acheté à l’aube chez le boulanger du quartier, dont la mie dense est parfaite pour napper cette sauce onctueuse. On retrouve également le Tabouna, le pain traditionnel cuit dans le tabouna aarbi, un four en argile typique. Dans chaque maison, on le prépare pour accompagner les repas de l’Aïd.
Le Mchalwat : Le Secret Confit de Nabeul
Si la Mloukhiya règne sur la Tunisie, Nabeul se distingue par une autre spécialité souvent associée à ces festivités : le Mchalwat (ou mcharwat). Cette pépite de l’orfèvrerie culinaire régionale consiste en une viande d’agneau ou de bovine confite, sublimée par une sauce aux épices et, touche typique du Cap Bon, à l’eau de fleur d’oranger. Ce mélange terre-mer apporte une finesse aromatique qui équilibre la richesse des plats de fête.
Un esprit de partage
L’Aïd à Nabeul, c’est aussi cette image d’enfants portant des assiettes de gâteaux enveloppées dans des serviettes neuves pour rendre visite à la famille, espérant récolter la « Mehba ». Entre le parfum de la fleur d’oranger du Mchalwat, la profondeur de la Mloukhiya et la chaleur du pain Tabouna, la tradition nabeulienne rappelle que la cuisine est le lien le plus solide entre le passé beylical et la joie présente du partage.

