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L’Ordre des médecins monte au créneau contre la facturation électronique

L’introduction de la facturation électronique obligatoire pour les professions libérales, dont les médecins, suscite une forte opposition de l’Ordre des médecins tunisien. Son porte-parole, le Dr Samir Chtourou, a vivement critiqué, ce lundi, un système qu’il juge incompatible avec la protection du secret médical.

Intervenant sur les ondes d’une radio, Dr Chtourou a alerté sur les risques de confidentialité posés par le circuit actuel de transmission. Il a détaillé que les données des patients, incluant leur code identifiant, transiteraient par des sociétés privées, puis par la Tunisian Trade Network (TTN), avant d’arriver aux services fiscaux. « Cela signifie que trois entités distinctes auront accès à des informations médicales sensibles. C’est une violation directe du secret professionnel », a-t-il affirmé.

Face à cette inquiétude, le représentant de l’Ordre a lancé un appel au ministère des Finances pour ouvrir d’urgence un dialogue. L’objectif est de trouver des solutions techniques et pratiques garantissant la protection absolue des données de santé des patients.

Dr Chtourou a par ailleurs tenu à dissocier cette position de toute question d’évasion fiscale. « Les médecins font partie des professions les plus contrôlées du pays. Notre refus est motivé uniquement par l’éthique et la protection de nos patients, non par une volonté de frauder le fisc », a-t-il rappelé.

Cette polémique intervient dans le sillage de la note générale publiée par le ministère des Finances le 23 janvier 2026. Cette note, fondée sur l’article 53 de la loi de finances 2026, étend en effet l’obligation de la facturation électronique à tous les prestataires de services. Le champ est large : il inclut, sans exception de seuil ou de régime fiscal, les professions libérales, les opérateurs de télécoms, les assureurs, les hôtels, les transporteurs et les petites professions.

Si la réforme vise à moderniser la gestion fiscale et à renforcer la traçabilité des transactions, elle se heurte donc à un principe fondamental de la déontologie médicale. Le défi est désormais de concilier les impératifs de transparence financière avec la protection inviolable du secret médical, un équilibre que les médecins exigent de trouver avant toute mise en œuvre.

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