Economie

L’or perd près de 10% en trois séances

Le marché de l’or a connu un ajustement brutal ce lundi 2 février 2026, marquant un net reflux après la spectaculaire flambée de la semaine précédente. Sur le marché au comptant, le métal jaune a cédé 9,3 % pour s’établir à 4 428,9 dollars l’once en séance. Cette correction intervient à peine quelques jours après l’établissement d’un sommet historique à 5 594,82 dollars jeudi 29 janvier. Les contrats à terme américains pour échéance avril ont également reculé, affichant une baisse de 4,8 % à 4 516,70 dollars l’once.

Cette onde de choc s’est propagée à l’ensemble du complexe des métaux précieux. L’argent a été particulièrement sévèrement touché, plongeant de plus de 15 % pour se négocier à 71,90 dollars l’once, loin de son record de 121,64 dollars atteint jeudi dernier. Le platine a pour sa part perdu 10 %, cotant 1 948,59 dollars l’once, tandis que le palladium a reculé de plus de 5 % vers 1 591 dollars.

Analyses divergentes sur la nature du mouvement

Pour Sarra Al-Yassiri, stratégiste chez CFI, cette correction ne remet pas en cause les fondamentaux structurels soutenant l’or. Elle anticipe une stabilisation des cours aux alentours des 5 000 dollars l’once d’ici le milieu de l’année 2026.

Une lecture plus technique est apportée par Daniel Albanna, analyste chez First Financial Markets. Il estime que l’amplitude des baisses a « dépassé la zone traditionnelle de prise de bénéfices ». Selon lui, ce mouvement est la conséquence directe d’une hausse jugée « verticale et malsaine », illustrée par un bond de plus de 400 dollars en une seule journée pour l’or. Une telle dynamique, explique-t-il, n’a pas laissé aux acteurs institutionnels et aux courtiers le temps nécessaire pour absorber les risques.

Un mouvement alimenté par la liquidation forcée

L’analyste précise que la panique s’est accentuée avec la chute rapide des cours depuis les niveaux de 5 400-5 500 dollars jusqu’à frôler les 4 700 dollars. Cette volatilité extrême a provoqué la liquidation des positions achetées au plus haut et affecté durement les investisseurs utilisant un fort effet de levier. Daniel Albanna souligne également que « la prise en compte par le marché du resserrement de la politique monétaire de Kevin Warsh » a ajouté une pression psychologique supplémentaire sur les métaux précieux.

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