Economie

Loi de finances: Un effort d’investissement en progression, mais limité

Le budget de l’État s’élève à environ 6,3 milliards de dinars. Ce montant représente une progression par rapport à l’année 2025, où les crédits d’investissement étaient de l’ordre de 5,4 milliards de dinars, soit une hausse d’environ 900 millions de dinars.​

Cette enveloppe d’investissement s’inscrit dans un budget global de l’État de 78,03 milliards de dinars, avec des dépenses totales autorisées à 63,575 milliards de dinars (crédits de paiement) et des crédits d’engagement pluriannuels portés à 66,8 milliards de dinars. Malgré cette augmentation nominale, la part relative de l’investissement dans le budget global reste modeste, ce qui reflète une priorité donnée aux dépenses courantes, sociales et au remboursement de la dette.​

Cette hausse de 900 millions de dinars est perçue comme un signal positif, mais elle est jugée insuffisante par plusieurs acteurs économiques, syndicats et observateurs du secteur privé. Dans un contexte de croissance modérée (prévue autour de 2,5% en 2025) et de chômage élevé (15,4% au T3 2025), de nombreux experts soulignent que l’effort d’investissement reste en deçà des besoins pour relancer durablement l’économie et créer des emplois productifs.​

La critique principale porte sur le fait que la priorité budgétaire est clairement donnée au social (allocations, exonérations, prise en charge des cotisations patronales) et au financement du déficit (via l’endettement et les facilités de la BCT), au détriment de l’investissement productif et des grands projets structurants (infrastructures, industrie, exportations). Cette orientation, bien que nécessaire pour protéger les ménages, risque, selon ces analyses, de freiner la croissance à moyen terme si elle n’est pas accompagnée d’un véritable plan d’investissement public et privé ambitieux.​

L’enveloppe d’environ 6,3 milliards de dinars d’investissement public est orientée vers plusieurs axes stratégiques, même si leur ampleur reste limitée par rapport aux besoins du pays.​
– Une part significative de l’investissement est consacrée au soutien des petites et moyennes entreprises (PME) et des très petites entreprises (TPE), notamment à travers des lignes de crédit, des prêts bonifiés et des garanties publiques. L’objectif est de renforcer la trésorerie des entreprises, de faciliter leur accès au financement et de les accompagner dans la digitalisation et la transition énergétique.​


– La loi des finances 2026 accorde une attention particulière aux projets d’énergies renouvelables (solaire, éolien) et d’efficacité énergétique, en lien avec la transition énergétique et la réduction de la dépendance aux importations énergétiques. Des crédits sont prévus pour des programmes de panneaux solaires, de bornes de recharge pour véhicules électriques et hybrides, ainsi que pour la modernisation des réseaux électriques.​
– L’investissement public vise aussi à réduire les disparités territoriales, en finançant des projets d’infrastructures dans les régions intérieures et défavorisées. Il s’agit notamment de routes secondaires, d’adduction d’eau, d’assainissement, d’écoles et de centres de santé, dans le cadre de politiques de développement régional et de cohésion sociale.​
– Une part croissante de l’investissement est consacrée à la modernisation de l’administration et à la digitalisation de l’État. Cela inclut le déploiement de la facturation électronique, la généralisation des caisses enregistreuses, la mise en place de plateformes de gestion fiscale et administrative, ainsi que le renforcement des systèmes d’information des administrations centrales et locales.​

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