Economie

Loi de finances 2026 : le flou de l’article 15 menace-t-il les hausses de salaires ?

Les dispositions de l’article 15 de la loi de finances pour 2026 laissent planer un flou préoccupant quant aux revalorisations salariales et aux pensions qu’elles sont censées encadrer. C’est le constat posé par Hédi Dahman, expert en protection sociale, invité mardi 24 mars dans une radio.

Selon lui, le texte prévoit bien des augmentations sur trois ans 2026, 2027 et 2028 couvrant à la fois les secteurs public et privé ainsi que les pensions de retraite. Pourtant, les éléments essentiels font défaut : les taux précis, la ventilation par secteur ou par catégorie professionnelle, ainsi que les modalités concrètes d’application restent non définis. Une ambiguïté qui, selon l’expert, fragilise particulièrement le volet concernant le privé.

Ces hausses ne pourront en tout état de cause entrer en vigueur qu’après la publication d’un arrêté conjoint des ministres des Affaires sociales et des Finances, document qui n’a pas encore été publié. M. Dahman a par ailleurs souligné que le contexte international, marqué notamment par le conflit en Iran, risque de peser sur les finances publiques en particulier à travers l’évolution des prix des carburants rendant encore plus délicate la mise en œuvre de ces mesures.

La réunion tenue lundi au palais de Carthage, réunissant le chef de l’État, la cheffe du gouvernement et plusieurs membres du cabinet, traduit selon lui la complexité du dossier. Il regrette que l’article n’ait pas été élaboré dans le cadre d’un dialogue social avec les partenaires professionnels. La mise en œuvre technique pourrait ainsi passer par la création de commissions ad hoc chargées d’arrêter les taux d’augmentation.

Le niveau des revalorisations, avance le spécialiste, dépendra étroitement des indicateurs économiques : taux d’inflation, évolution des prix ou encore coût de la vie, sans oublier les répercussions de la conjoncture mondiale. Il avance l’hypothèse d’une hausse de l’ordre de 4,3 %, qui pourrait n’intervenir qu’au second semestre 2026.

Hédi Dahman met en garde contre l’impact d’une telle mesure sur les caisses sociales. Selon lui, toute augmentation des salaires ou des pensions devra trouver un équilibre entre impératif social et soutenabilité financière.

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