Environnement

Littoral tunisien : L’érosion, une tragédie en marche qui engloutit le territoire

L’érosion côtière menace de nombreux pays méditerranéens en raison du réchauffement climatique, qui élève le niveau de la mer et intensifie les tempêtes, combiné à l’urbanisation excessive. En Tunisie, ce phénomène s’aggrave particulièrement, affectant près de 45% du littoral sur 1300 km au total.

Situation Alarmante en Tunisie

La Tunisie fait face à un recul côtier dix fois plus rapide que la moyenne mondiale, avec 260 km de côtes gravement touchés et 43% des plages de sable en érosion marine. À Hammamet, un site emblématique, l’érosion a entraîné la perte de 24 000 m² de plage entre 2006 et 2019, soit 3 à 8 mètres par an. Selon une étude de la Banque mondiale, 44% des côtes sont fortement vulnérables et 24% modérément, menaçant tourisme et agriculture.

Causes Principales

Les causes naturelles incluent l’élévation du niveau de la mer due au changement climatique, l’érosion éolienne et les tempêtes violentes qui emportent les sédiments. Les facteurs humains dominent : urbanisation incontrôlée, constructions bloquant le dépôt de sédiments, et disparition des dunes protectrices, comme à Hammamet. L’Agence de Protection et d’Aménagement du Littoral (APAL) identifie environ 100 km nécessitant des interventions urgentes dues à ces perturbations anthropiques

Conséquences Économiques et Écologiques

L’érosion fragilise les infrastructures côtières, menace les réserves naturelles et les systèmes dunaires essentiels aux écosystèmes. Économiquement, elle risque la disparition des plages touristiques, pilier du secteur, et affecte la pêche et l’agriculture littorales, comme à Bizerte où la corniche s’effrite. Sans action, 13% du littoral très exposé pourrait voir ses plages disparaître accélérément.

Mesures et Perspectives

L’APAL a protégé 30% des côtes via un programme en cinq étapes, incluant rechargement de sable, mais cela reste une solution temporaire face à l’urbanisation. Des experts appellent à des infrastructures durables, solutions basées sur la nature et une meilleure coopération intersectorielle pour préserver le littoral. En février 2026, l’urgence persiste malgré les études en cours.

Cet article a été rédigé dans le cadre des ateliers organisés par Africa 21 et ses partenaires sur la Méditerranée, les 10, 11 et 12 décembre 2025 à Tunis. Ces ateliers visaient à étudier l’état des lieux de la mise en œuvre de l’ODD 14 dans cette région, ainsi que l’impact des résultats de l’UNOC 3.

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