L’installation d’un centre d’excellence de l’UA en Tunisie au cœur des débats parlementaires
Les députés de la Commission des relations extérieures ont examiné, mardi, les contours et les implications de l’installation prochaine d’une institution spécialisée de l’Union africaine sur le sol tunisien. Ils ont pour cela auditionné Samir Abid, ministre du Commerce et du Développement des exportations, venu défendre le projet de loi organique portant approbation de l’accord de siège relatif au Centre d’excellence africain pour les marchés inclusifs (AIMEC).
Présidant la séance, Riadh Jaïdane a appelé à un traitement rapide de ce texte, mettant en avant les bénéfices économiques et sociaux attendus de cette implantation. Selon lui, le centre pourrait être un levier significatif en termes de création d’emplois et de soutien aux populations vulnérables, tout en servant de vitrine pour consolider la présence économique de la Tunisie sur le continent africain.
Face aux élus, le ministre a rappelé le caractère compétitif de la candidature tunisienne. Il a précisé que la sélection du pays, officialisée par la signature de l’accord en juillet 2022, avait été validée par une majorité d’États membres de l’UA après une évaluation basée sur des critères jugés « rigoureux ». Une fois opérationnel, l’AIMEC aura pour mission d’accompagner les pays membres dans le développement de leurs marchés et de proposer des mécanismes de financement innovants pour favoriser l’intégration économique du continent.
Toutefois, les discussions ont également mis en lumière les difficultés persistantes rencontrées par les opérateurs tunisiens pour pénétrer les marchés africains. Plusieurs députés ont souligné un manque de représentation diplomatique et une coordination jugée insuffisante avec les élus, en particulier ceux siégeant au Parlement panafricain. Ils ont par ailleurs interrogé l’exécutif sur la cohérence de la stratégie nationale avec les objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
En réponse, Samir Abid s’est engagé à renforcer la collaboration avec les parlementaires. Il a réaffirmé sa conviction que l’accueil de ce centre d’excellence constituerait un signal fort, susceptible de renforcer l’attractivité et l’image de la Tunisie, non seulement sur le plan économique, mais aussi touristique et culturel.

