L’Espagne et l’Italie trustent 50 % des exportations d’huile d’olive tunisienne
La campagne 2025/2026 de l’huile d’olive tunisienne démarre sous les meilleurs auspices en termes de volumes. Selon les dernières données publiées par l’Observatoire national de l’agriculture (ONAGRI), les expéditions réalisées durant le premier trimestre de la campagne (octobre à décembre 2025) se sont établies à 130 900 tonnes. Ce résultat marque une progression spectaculaire de 55,7 % par rapport à la même période de la campagne précédente, où 84 100 tonnes avaient été exportées.
Cette ruée vers l’or vert se reflète logiquement dans les recettes en devises. La valeur totale des exportations a atteint 1 621,2 millions de dinars (MD) sur la période, contre 1 202,3 MD l’année dernière à la même époque, soit une augmentation de 34,8 %. Cependant, cette hausse de la valeur est freinée par une érosion des prix : en janvier 2026, le cours moyen du kilo est tombé à 11,94 dinars, contre 12,33 dinars un an plus tôt, enregistrant un repli de 3,2 %.
Une dépendance au vrac qui persiste
Malgré ces chiffres encourageants, la structure des exportations reste marquée par la prédominance du vrac. L’huile conditionnée, qui génère pourtant une plus forte valeur ajoutée, ne représente que 11,6 % du volume total expédié. Si l’on note une légère amélioration par rapport aux 10,4 % de la campagne 2024/2025, la part du vrac demeure écrasante (88,4 %). En valeur, le conditionné ne pèse que 15,7 % du total des recettes.
La qualité « extra vierge » continue de dominer très largement le marché, constituant à elle seule 89,5 % des tonnages exportés.
L’Europe, premier client, avec une domination espagnole
Sans surprise, l’Union européenne reste le débouché privilégié de l’huile tunisienne, absorbant 55,4 % des volumes. Loin derrière, l’Amérique du Nord représente 21,1 % des parts, suivie par l’Asie (12,1 %) et l’Afrique (7,5 %).
L’analyse par pays confirme le rôle clé de l’Espagne, qui s’impose comme le premier importateur mondial d’huile tunisienne. Madrid a concentré à lui seul 30,9 % des achats durant ces trois mois. L’Italie suit avec 18,9 %, tandis que les États-Unis complètent le podium à 16,8 %.
Focus sur le bio : une niche à fort potentiel
Le segment de l’huile d’olive biologique confirme son importance stratégique. Entre octobre et décembre 2025, les exportations de bio ont atteint 12 600 tonnes, générant près de 170,8 MD. Le prix moyen du bio s’établit à 13,60 dinars le kilo, avec un écart significatif entre le vrac (12,74 D/kg) et le conditionné (23,62 D/kg), soulignant l’intérêt de monter en gamme.
Pourtant, la part du conditionné dans le bio reste modeste (7,9 %), indiquant une marge de progression considérable. Sur ce créneau, la géographie des acheteurs diffère légèrement : si l’Italie reste en tête avec 42 % des volumes, suivie par l’Espagne (22 %), la France se distingue en prenant la troisième place (16 %), devant les États-Unis (12 %).

