Les investissements agricoles privés en hausse de 13% en 2025
La dynamique d’investissement dans le secteur agricole et ses filières connexes maintient un rythme soutenu. D’après les derniers chiffres publiés par l’Observatoire National de l’Agriculture (ONAGRI), les investissements privés approuvés par l’Agence de Promotion des Investissements Agricoles (APIA) ont atteint un montant significatif de 344,5 milliards de dinars (MD) à fin octobre 2025. Cette enveloppe représente une croissance notable de 13% par rapport à la même période en 2024.
Ces projets bénéficient d’un accompagnement substantiel de l’État, via des subventions évaluées à 87,3 MD. Cependant, cette aide publique accuse un recul de 11% sur un an. Parallèlement, le volet foncier montre une vitalité accrue : les crédits destinés à l’intégration de terres dans le circuit économique s’élèvent à 4,8 MD, en progression de 7%. Ces financements permettront de valoriser 261 hectares supplémentaires.
Une création d’emplois en léger retrait
Si le volume d’investissement progresse, son impact sur l’emploi affiche une contre-performance. Les projets validés par l’APIA ont généré 1 999 emplois à fin octobre, marquant un léger repli de 1,5% par rapport aux 2 029 emplois créés un an plus tôt. Cette évolution contrastée soulève des questions sur l’intensité capitalistique des nouveaux projets.
Répartition sectorielle : l’agriculture en tête, mais en baisse
L’analyse sectorielle des investissements révèle des trajectoires divergentes. L’agriculture au sens strict conserve la première place avec une enveloppe de 153,7 MD, mais son montant a diminué de 12% par rapport à 2024. Les services liés à l’agriculture constituent le deuxième pôle d’attraction avec près de 78,8 MD d’investissements, talonnés par l’aquaculture qui séduit les promoteurs avec 72,2 MD. Les secteurs de la pêche (13,0 MD) et de la première transformation agricole (4,4 MD) complètent ce tableau.
Un signal positif émane des investisseurs étrangers, dont les engagements ont bondi de 44% pour atteindre 12,2 MD, témoignant d’un regain d’attractivité pour le secteur.
Jeunes et femmes promoteurs : une participation encore modeste
L’agence a également mis l’accent sur l’inclusion. Les projets portés par de jeunes promoteurs ont mobilisé 38,7 MD, soit 12% du total des investissements. Ceux dirigés par des femmes ont obtenu 14,2 MD, représentant 4% de l’ensemble. Des chiffres qui soulignent la marge de progression pour une meilleure représentativité dans le portage de projets agricoles.
En résumé, le paysage des investissements agricoles tunisiens reste dynamique, porté par la diversification vers les services et l’aquaculture, et par un intérêt croissant des capitaux étrangers. Le défi consiste désormais à renforcer l’impact de ces capitaux sur la création d’emplois et à favoriser une répartition plus équilibrée entre les différents acteurs du secteur.

