Le gouvernement accélère la réforme pharmaceutique pour sécuriser l’approvisionnement en médicaments
Le gouvernement tunisien a adopté, lundi, le 30 mars lors d’un Conseil ministériel présidé par la cheffe du gouvernement Sarra Zafrani Zanzeri, une série de mesures destinées à refondre la gouvernance du secteur de la santé, de la sécurité sociale et de la couverture sanitaire. L’objectif est d’garantir un accès continu et équitable aux médicaments sur l’ensemble du territoire.
Première décision concrète, l’exécutif a débloqué des financements immédiats au profit de la Pharmacie centrale de Tunisie (PCT). Cette enveloppe vise à rétablir un approvisionnement régulier, équilibré et pérenne du marché national, en particulier dans les régions les plus exposées aux ruptures de stocks.
Le Conseil a également acté la constitution d’un stock stratégique de médicaments, prioritairement dédié aux produits vitaux et spécifiques. Parallèlement, les mécanismes d’inspection et de contrôle tout au long de la chaîne logistique seront renforcés, afin d’améliorer la transparence et la gouvernance du système pharmaceutique.
Dans une logique de modernisation, les autorités ont décidé de généraliser les outils numériques pour assurer une meilleure traçabilité des circuits de distribution, optimiser la gestion des stocks et rendre l’administration de l’approvisionnement plus efficace. Autre avancée notable : les délais d’instruction des demandes d’autorisation de mise sur le marché des médicaments seront significativement réduits, afin de favoriser la production locale de génériques et de diminuer la facture des importations.
Lors de la réunion, le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, a présenté un bilan détaillé de la situation de la PCT et des suites données aux recommandations des précédents Conseils ministériels. Son homologue des Affaires sociales, Issam Lahmar, a dressé un diagnostic des caisses sociales, assorti de propositions de réforme.
En ouverture des travaux, Sarra Zafrani Zanzeri a insisté sur le caractère prioritaire de la refonte du système de santé et de la protection sociale. Elle a plaidé pour une intensification des contrôles à tous les maillons de la chaîne pharmaceutique, une numérisation accélérée, ainsi que pour une réduction de la dépendance extérieure du secteur.
La cheffe du gouvernement a également défendu une vision stratégique : faire du secteur de la santé un levier d’investissement et d’exportation, via le développement de la production locale et un meilleur positionnement sur les marchés africains et internationaux. Parmi les outils identifiés figurent l’actualisation de la liste des médicaments essentiels, l’élaboration d’une feuille de route nationale pour la fabrication de vaccins, et la finalisation de la transformation numérique, présentée comme un levier clé de modernisation et de durabilité.
Ce nouveau train de réformes s’inscrit dans la continuité des travaux d’un précédent Conseil ministériel, tenu le 3 septembre 2025, qui avait recommandé l’élaboration d’un plan global pour faire face aux pénuries, garantir la disponibilité continue des médicaments, rationaliser leur usage et renforcer les contrôles.

