Le Brésil craque le cuir tunisien : +236 % de valeur à l’export
La filière du cuir et de la chaussure en Tunisie vient de signer une performance remarquable sur le marché sud-américain. Selon les dernières données de l’Association brésilienne des industries de la chaussure (Abicalçados), reprises par l’Agence de presse Brésil-Arabe (ANBA), les exportations vers le Brésil ont littéralement bondi au cours des deux premiers mois de l’année.

Entre janvier et février, le Brésil a importé plus de 3 400 paires en provenance de Tunisie. Ce volume représente une hausse spectaculaire de 216 % par rapport à la même période de référence. Cette embellie se vérifie également en valeur, avec des recettes à l’exportation qui dépassent les 64 000 dollars, soit une progression encore plus marquée de 236 % sur un an.
Cette croissance ne se fait pas au détriment du positionnement qualitatif. Le prix moyen de la paire tunisienne s’établit à près de 19 dollars, en légère augmentation par rapport à l’année précédente. Ce positionnement tarifaire place la Tunisie dans un segment intermédiaire stratégique : plus accessible que les références haut de gamme italiennes ou américaines, mais plus qualitative que les géants asiatiques, avec un écart notable face à la Chine, dont le prix moyen reste inférieur à 3 dollars la paire.
Cependant, un zoom sur le seul mois de février invite à nuancer cette tendance haussière. Les ventes tunisiennes ont connu un net ralentissement, chutant à un peu plus d’une centaine de paires. Malgré cette contre-performance mensuelle, la Tunisie se hisse au vingtième rang des fournisseurs du Brésil. Elle talonne de près le Maroc, classé dix-neuvième, qui a lui aussi subi un fort recul de ses expéditions sur la même période.
Ces résultats s’inscrivent dans un contexte plus large d’appétit brésilien pour les chaussures étrangères. Les importations totales du Brésil ont atteint près de 10 millions de paires sur les deux premiers mois, en hausse de 23 %, pour une valeur de plus de 109 millions de dollars. Dans ce paysage, la Chine conserve une position dominante écrasante, captant à elle seule près du tiers des volumes importés.
Parallèlement, l’industrie brésilienne traverse une phase plus difficile sur les marchés externes. Ses exportations ont reculé tant en volume qu’en valeur. Toutefois, cette baisse des ventes à l’international, couplée à une hausse des achats, n’a pas suffi à renverser la balance commerciale du secteur, qui demeure excédentaire.

