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L’agriculture, nouveau pilier d’un développement durable et territorial

L’État tunisien engage une refonte en profondeur de sa politique agricole. D’ici 2026, l’objectif affiché est de faire de ce secteur un moteur central de l’économie nationale, en conjuguant performance et équité sociale. Cette stratégie marque une rupture avec les approches purement productivistes du passé.

Selon les récentes déclarations du ministre Ezzedine Ben Cheikh, la feuille de route repose sur une meilleure articulation entre l’agriculture et les autres secteurs d’activité. L’enjeu est double : générer davantage de valeur ajoutée tout en garantissant la préservation du patrimoine naturel. Une vision intégrée qui entend répondre aux défis de la souveraineté alimentaire et de l’emploi en milieu rural.

La mise en œuvre de cette ambition passe par un outil clé : les Projets de Développement Agricole Intégré (PDAI). Ces derniers ciblent spécifiquement les zones où les indicateurs sociaux et économiques sont les plus faibles, à l’image des gouvernorats de Sfax, Kasserine ou encore des montagnes du Nord-Ouest.

Pour l’exercice 2026, une enveloppe conséquente, approchant le milliard de dinars, est consacrée à ces programmes. Les fonds sont destinés à la fois à la modernisation des infrastructures hydrauliques, au désenclavement via l’aménagement de pistes rurales, et à l’insertion économique des catégories vulnérables, notamment les petits exploitants et les femmes.

Par ailleurs, l’essor des sociétés communautaires incarne une autre facette de cette mutation. Fin 2025, on dénombre plus de 250 structures de ce type. En mutualisant les moyens et la production, elles renforcent le pouvoir de négociation des agriculteurs et leur accès aux circuits de commercialisation.

Dans cette même logique de revitalisation des campagnes, l’État mise sur l’entrepreneuriat des jeunes. Le programme Raidat, par exemple, ambitionne de lancer un millier de nouveaux projets en 2026. L’idée est de proposer des alternatives concrètes aux populations rurales pour freiner l’exode vers les villes.

Pour les observateurs du secteur, cette orientation stratégique traduit une prise de conscience : l’agriculture n’est plus perçue comme une simple activité de subsistance, mais bien comme un levier de croissance équilibrée, capable de réduire les disparités régionales et de poser les bases d’un modèle économique plus inclusif.

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