La facturation électronique heurte de front les orthophonistes tunisiens
La Chambre syndicale nationale des orthophonistes tunisiens du secteur privé monte au créneau. Elle exige un moratoire immédiat sur les nouvelles règles de facturation électronique et de note d’honoraires, jugées inadaptées. L’instance plaide pour une révision complète du dispositif, capable de refléter les réalités spécifiques de cette profession paramédicale.
Dans un communiqué officiel, le syndicat appelle à un dialogue urgent et constructif avec les pouvoirs publics. Il insiste sur la nécessité d’une concertation véritable, incluant toutes les organisations professionnelles concernées.
Au cœur des inquiétudes, se trouve un principe, celui du secret professionnel et la protection des données des patients. Les orthophonistes estiment que les procédures actuelles pourraient violer l’article 26 de leur cahier des charges, créant ainsi une faille inacceptable dans le cadre déontologique qui régit leur exercice libéral.
La Chambre met aussi en garde contre les effets collatéraux de ces mesures, perçues comme précipitées. Elle craint une fuite des praticiens, poussés soit à fermer leurs cabinets, soit à s’expatrier, ou encore à basculer vers une pratique informelle. Pour elle, toute réforme doit rechercher un équilibre subtil entre les impératifs de l’État, les droits des professionnels et l’accès aux soins des citoyens.
Cette prise de position intervient en réaction à une note explicative de la Direction générale des études et de la législation fiscale, publiée fin janvier 2026. Cette note détaille l’application de l’article 53 de la loi de finances 2026, qui généralise la facturation électronique à toutes les prestations de services, sans exception.
Les orthophonistes s’inquiètent des répercussions de cette obligation, soudaine à leurs yeux, sur l’avenir de la profession et sur le droit des patients à bénéficier de soins en orthophonie et rééducation.
Tout en réaffirmant leur attachement de principe à la modernisation administrative et à la transparence, ils soulignent qu’une réforme réussie ne peut ignorer la nature particulière de leur métier. Elle doit, selon eux, préserver la stabilité des praticiens et garantir, avant tout, la qualité des soins délivrés aux patients.

