Kaïs Saïed critique les « fouloul » et exige une refonte de l’administration
Le Président de la République, Kaïs Saïed, a accordé une audience, ce lundi 16 février au Palais de Carthage, à la Cheffe du Gouvernement, Sarra Zafraani Zenzri. L’entretien a permis au Chef de l’État de dresser un état des lieux de la situation nationale, en mettant l’accent sur ce qu’il a qualifié de dysfonctionnements persistants au sein de plusieurs services publics.
Lors de cette rencontre, le Président Saïed a vivement critiqué ce qu’il perçoit comme des tentatives de déstabilisation émanant de ce qu’il nomme les « résidus de l’ancien système ». Selon lui, ces éléments déploieraient des manœuvres intensives, usant de tous les moyens, y compris la duplicité, pour tenter de ressaisir l’initiative et d’aggraver les tensions dans le pays.
Le Chef de l’État a fermement condamné cette situation, la jugeant intolérable et insoutenable sur la durée. Dans ce contexte, il a réaffirmé que la Tunisie, toujours engagée dans ce qu’il décrit comme un combat pour la libération nationale, nécessite une transformation profonde. Au-delà d’une simple refonte législative, il a insisté sur l’urgence d’une révolution administrative et culturelle.
Abordant la question sociale, le Président a tenu à rassurer quant à la détermination de l’État à poursuivre ses efforts constants. L’objectif, a-t-il souligné, est de garantir aux jeunes et aux personnes historiquement marginalisées ou victimes de la corruption le recouvrement de leurs droits légitimes. Il a rappelé avec force que les idéaux de la révolution du 17 décembre 2010 ne pourront être pleinement réalisés tant que la justice sociale ne sera pas effectivement instaurée.
Par ailleurs, le Président Saïed a appelé à une prise de conscience collective concernant l’unité de l’État et l’importance historique de la phase actuelle que traverse le pays. Il a estimé que ceux qui ne saisissent pas la portée de ce moment crucial ne sauraient prétendre jouer un rôle dans la construction de l’avenir.
Dans une mise en garde adressée aux responsables, il a déclaré que la mission publique constitue un « devoir sacré », et non un privilège ou un luxe. Il a ainsi martelé que toute personne occupant une fonction, quel qu’en soit le niveau, doit impérativement s’imprégner des souffrances et des aspirations du peuple, faute de quoi elle ne serait pas digne de sa charge. En conclusion, il a salué la clairvoyance du peuple tunisien, qu’il estime capable de discerner les manœuvres ourdies en coulisses.

