Economie

Inflation mondiale en hausse : la BERD épingle la Tunisie parmi les économies à risque

Selon un rapport publié jeudi 26 mars 2026 par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), la Tunisie figure parmi les économies les plus vulnérables aux retombées économiques du conflit en cours au Moyen-Orient. L’institution met en garde contre une possible révision à la baisse de ses prévisions de croissance pour plusieurs marchés émergents si les prix de l’énergie demeurent à des niveaux aussi élevés.

Dans son analyse, la BERD indique qu’une correction d’environ 0,4 point de pourcentage pourrait être appliquée aux perspectives de croissance d’une quarantaine de pays couverts par son champ d’intervention. Jusqu’à présent, la banque anticipait une progression du PIB de 3,6 % pour 2026 et de 3,7 % pour 2027 dans ces zones géographiques.

L’ampleur des répercussions dépendra selon l’institution de la durée des hostilités et de l’état des infrastructures énergétiques touchées. La BERD souligne que la flambée des coûts de l’énergie, des engrais et des produits de première nécessité, associée aux perturbations des chaînes d’approvisionnement, aux difficultés du secteur touristique et à la fragilisation des transferts financiers en provenance des pays du Golfe, risque d’alimenter l’inflation et de peser lourdement sur les finances publiques ainsi que sur les conditions d’accès au financement.

L’établissement financier précise que si le baril de pétrole se maintient durablement au-delà des 100 dollars et que les dysfonctionnements des chaînes d’approvisionnement persistent, l’inflation mondiale pourrait s’accroître de plus de 1,5 point.

La BERD dresse une liste des économies jugées les plus exposées, parmi lesquelles figurent le Liban, la Jordanie, l’Irak, l’Égypte, l’Ukraine, la Mongolie, le Sénégal, la Tunisie, la Moldavie, le Kenya, la Turquie et la Macédoine du Nord. Pour établir ce classement, l’institution a pris en compte les dépendances énergétique et alimentaire, ainsi que la capacité budgétaire de chaque pays à faire face aux chocs.

Par ailleurs, le rapport relève que certains États comme l’Égypte, le Maroc et le Sénégal subissent des déficits énergétiques marqués, tandis que d’autres, à l’instar de l’Azerbaïdjan, l’Irak, le Kazakhstan, la Mongolie et le Nigeria, disposent d’excédents énergétiques représentant entre 11 % et 39 % de leur PIB, mais voient leur production entravée, notamment dans les principaux champs pétroliers irakiens.

La BERD estime par ailleurs que chaque augmentation de 10 dollars du prix du baril se traduit pour la Russie par des recettes exceptionnelles équivalentes à 1,5 point de son PIB en 2025. L’institution n’exclut pas une envolée du baril jusqu’à 180 dollars si les approvisionnements depuis la région du Golfe restent contraints, en raison de la faible réactivité de la demande mondiale face à des variations brutales de l’offre.

La BERD considère que la Tunisie, à l’instar d’autres économies émergentes, devra composer avec une pression accrue sur sa croissance, l’équilibre de ses comptes publics et la stabilité de ses marchés, dans un environnement marqué par une forte instabilité énergétique et géopolitique.

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