Fin de convention : le tiers payant plonge la pharmacie tunisienne dans l’illégalité
Le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens de Tunisie (CNOPT) alerte les pharmacies privées quant à l’application du système de « tiers payant » en l’absence de convention en vigueur, depuis l’échéance, fin décembre 2025, de l’accord liant la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) et le Syndicat des pharmaciens d’officine (SPOT).
L’instance ordinale avertit qu’elle pourrait engager des poursuites si cette pratique se poursuit sans base juridique, soulignant la nécessité de préserver la légalité et l’éthique de la profession. Elle rappelle que la loi n°71 de 2004 relative à l’assurance maladie impose la conclusion de conventions pour encadrer les relations entre les prestataires de soins et la CNAM, un cadre désormais absent.
Le CNOPT réitère son attachement au système d’assurance maladie, qualifié d’acquis essentiel pour les citoyens, tout en plaidant pour une résolution pérenne de la crise actuelle. Il met particulièrement l’accent sur l’apurement des arriérés de paiement dus aux pharmaciens privés et sur l’impérieuse nécessité d’une reprise des négociations entre les différentes parties.
Cette mise en garde fait suite à la décision prise par la CNAM en octobre 2025 de maintenir le dispositif de tiers payant directement avec les officines, afin de garantir aux assurés sociaux un accès continu aux médicaments. Toutefois, ce maintien se heurte à d’importants retards de paiement, évalués à plus de 185 jours selon le SPOT, ayant déjà conduit à la fermeture de plusieurs pharmacies et plongeant la profession dans une crise financière aiguë.

