FAO: les prix alimentaires mondiaux au plus haut depuis septembre 2025
L’indice des prix alimentaires de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a enregistré une hausse de 2,4 % en mars, atteignant son niveau le plus élevé depuis septembre 2025. Malgré une progression annuelle modérée, l’institution met en garde contre les conséquences d’une prolongation du conflit en Ukraine sur les récoltes futures.
Selon les dernières données de la FAO publiées ce mois-ci, l’indice global des prix alimentaires – qui reflète l’évolution des cours d’un panier de produits de base échangés sur les marchés internationaux – s’est établi en mars à son plus haut niveau depuis septembre 2025. La progression atteint 2,4 % par rapport à février. Sur un an, l’indice reste supérieur à 1 %, mais il se situe encore environ 20 % en dessous du pic historique de mars 2022, observé au lendemain du déclenchement du conflit russo-ukrainien.
Dans un communiqué, la FAO explique que « depuis le début du conflit, les hausses de prix sont restées modérées, principalement en raison de la flambée des prix du pétrole, mais tempérées par l’abondance des approvisionnements mondiaux en céréales ». L’organisation met toutefois en garde : si le conflit se prolonge au-delà de 40 jours et que le coût des intrants agricoles demeure élevé, les agriculteurs pourraient être contraints de réduire leurs investissements, de diminuer les surfaces cultivées ou de se tourner vers des cultures moins dépendantes des engrais.
La FAO ajoute que « ces décisions auront un impact direct sur les récoltes à venir et influenceront l’approvisionnement alimentaire mondial ainsi que le prix des matières premières pour le reste de cette année et toute l’année prochaine ».
Une hausse généralisée des cours
L’indice des prix des céréales a augmenté de 1,5 % en mars par rapport au mois précédent, sous l’effet d’une flambée de 4,3 % des cours mondiaux du blé. Cette envolée reflète à la fois la détérioration des perspectives de récolte aux États-Unis et les prévisions de réduction des surfaces cultivées en Australie, conséquence de la montée des coûts des engrais.
Les prix du maïs ont légèrement progressé. L’abondance de l’offre mondiale a limité les inquiétudes liées au coût des intrants, tandis que la demande croissante d’éthanol, soutenue par la hausse des prix de l’énergie, a exercé une pression supplémentaire sur les cours.
À l’inverse, les prix du riz ont reculé de 3 %, pénalisés par le calendrier des récoltes et une demande d’importation relativement faible. Les huiles végétales ont enregistré une hausse de 5,1 %, leur troisième augmentation mensuelle consécutive, tandis que le sucre a bondi de 7,2 %, atteignant son plus haut niveau depuis octobre 2025.
Dans un rapport séparé, la FAO a par ailleurs revu ses prévisions de production céréalière mondiale pour 2025, estimant un niveau record de 3 036 milliards de tonnes, soit une augmentation de 5,8 % par rapport à l’année précédente.

