Facture électronique: la généralisation se précise avec une plateforme dédiée
Le passage à la facturation électronique franchit une nouvelle étape en Tunisie. Des représentants du ministère des Finances ont annoncé , devant la commission des finances à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), les modalités pratiques du déploiement de ce dispositif. L’élément majeur de cette communication est l’annonce du lancement, fixé au 30 mars 2026, d’une plateforme nationale destinée à encadrer et simplifier l’adhésion de l’ensemble des prestataires de services.
Face aux élus, les représentants du département ont insisté sur la viabilité économique du projet. Selon eux, la dématérialisation des factures représente un coût inférieur à celui du support papier, un argument auquel s’ajoutent des bénéfices organisationnels non négligeables, notamment en matière de conservation des documents et de fluidification des process administratifs.
L’un des points d’attention concernait l’intégration des professions libérales dans ce nouveau cadre légal. Les responsables ont indiqué que l’architecture du système avait été pensée pour s’adapter à leurs spécificités, avec la mise en place d’un format dédié pour les notes d’honoraires. Conscient des défis techniques que représente cette transition, le ministère a promis un accompagnement renforcé, notamment pour les contribuables encore tributaires des processus papier.
Sur le volet financier, l’argumentaire s’est articulé autour de l’enjeu de la donnée. L’afflux d’informations généré par la facturation électronique est présenté comme un outil d’audit puissant pour l’administration fiscale. L’objectif affiché est double : garantir une plus grande équité entre les contribuables et, in fine, consolider les recettes de l’État. Les responsables ont martelé que cette digitalisation est devenue un levier incontournable dans la lutte contre la fraude et le travail au noir, assurant ainsi une traçabilité complète des transactions commerciales.
Si le système existe sur une base volontaire depuis 2016, le ministère a rappelé que son usage est désormais une obligation légale pour les assujettis. Pour préparer le terrain, plusieurs campagnes de sensibilisation ont déjà été menées. L’heure n’est plus à l’option, mais à la montée en puissance d’un outil jugé indispensable pour moderniser l’économie et optimiser le rendement fiscal du pays.

