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Erosion à Djerba : et si la solution venait de la nature ?

La commune de Djerba Midoun expérimente une nouvelle approche pour protéger son littoral. Début février 2026, le projet « Yati Nature » a été officiellement lancé, avec l’ambition de fixer les dunes de manière écologique et de renforcer la résilience du territoire face aux assauts du changement climatique.

Face au recul du trait de côte et à la fragilisation des écosystèmes dunaires, les autorités locales de l’île de Djerba ont choisi de miser sur des solutions fondées sur la nature. C’est l’objet du projet « Yati Nature – Protection du littoral et fixation écologique des dunes », initié par le Centre international de développement pour la gouvernance locale innovante (CILG).

Porté dans le cadre du programme plus vaste « Action Climatique Inclusive dans les Communes Tunisiennes » (ACICT), ce projet pilote vise à aller au-delà des traditionnels ouvrages en béton. L’idée est de restaurer les mécanismes naturels de protection du littoral, notamment en stabilisant le cordon dunaire par des techniques végétales, afin de créer une barrière vivante contre l’érosion et la submersion marine.

Le lancement officiel a coïncidé avec la visite d’une délégation de représentants de municipalités canadiennes à Djerba Midoun. Cette présence internationale a été mise à profit pour organiser un atelier participatif d’une importance particulière. Experts tunisiens et canadiens ont croisé leurs savoirs, mais l’originalité de la démarche réside dans la large concertation menée avec les acteurs locaux, la société civile, et surtout, les groupes souvent sous-représentés.

L’atelier a en effet été conçu comme un espace de « co-construction » dédié à l’implication des femmes, des jeunes et des populations vulnérables. L’objectif : s’assurer que la gouvernance climatique locale ne soit pas seulement efficace d’un point de vue environnemental, mais aussi pleinement inclusive. Cette approche vise à consolider l’intégration de la biodiversité au cœur des politiques publiques, en faisant des habitants les premiers gardiens de ce patrimoine naturel.

Rappelons que le programme ACICT, financé par Affaires mondiales Canada, est mis en œuvre par le CILG en partenariat avec la Fédération canadienne des municipalités (FCM), et ce, en étroite collaboration avec les ministères tunisiens de l’Intérieur et de l’Environnement.

Basé en Tunisie, le CILG agit comme un centre d’expertise et de ressources, spécialisé dans le renforcement des capacités et l’appui aux politiques publiques. Né dans le sillage du printemps arabe avec le soutien de l’agence de coopération néerlandaise VNG International, il est aujourd’hui un acteur incontournable de la coopération internationale pour le développement dans la région, en particulier sur les questions de gouvernance locale et de résilience climatique.

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