Déficit énergétique en Tunisie : l’urgence d’une transition au cœur des alertes de M. Yaedh Leben
La Tunisie est confrontée à une crise énergétique structurelle, marquée par une baisse de la production nationale et une dépendance croissante aux importations. M. Yaedh Leben tire la sonnette d’alarme sur les conséquences économiques et sociales de cette situation et interroge la capacité du pays à mettre en œuvre sa stratégie de transition, pourtant vitale pour son avenir.
Comme l’explique M. Yaedh Leben expert en changement climatique, le pays fait face à un double défi : une baisse continue de sa production nationale de pétrole et de gaz, et une demande intérieure qui ne cesse d’augmenter. Ce gap se traduit par un déficit énergétique criant.
Une dépendance étrangère alarmante
La situation est particulièrement préoccupante sur le plan économique. «La Tunisie subit un déficit structurel qui la rend dépendante de l’étranger pour 47 % de sa consommation énergétique, une vulnérabilité qui pèse lourdement sur son économie. », précise M. Leben. Et la tendance est à l’aggravation. «Cette situation alarmante nous montre que si nous continuons sur la même voie, nous atteindrons les 95% de dépendance».

Cette crise pèse lourdement sur les finances des entreprises publiques. La STEG et la STIR, principaux fournisseurs d’énergie, affichent des bilans financiers déficitaires.
« Les répercussions sociales sont immédiates et visibles. La STEG « ne parvient pas à répondre aux besoins du pays, surtout en été, avec des coupures continues de l’électricité », souligne l’expert, décrivant une réalité qui pèse lourdement sur le cadre de vie et l’activité économique des citoyens. »
La transition énergétique : une solution urgente mais incertaine
Face à ce constat, l’impératif s’impose de lui-même, « La transition énergétique n’est plus une option, mais une nécessité pour surmonter ces défis », tranche M. Leben.
Concrètement, une stratégie portée par le ministère de l’Environnement et approuvée en 2023 trace la voie. Elle cible deux objectifs principaux : maîtriser la consommation en réduisant l’intensité énergétique d’ici 2030, et verdir le mix électrique avec 35% de renouvelables. Un défi de taille, puisque ces dernières ne contribuent qu’à hauteur de 5% à la production locale d’électricité en 2024.
Alors quele cadre stratégique existe désormais, M. Yaedh Leben pose une question cruciale, qui reste pour l’instant sans réponse : « Sommes-nous capables, aujourd’hui, de mettre en œuvre cette stratégie ? » La réussite de cette transition n’est pas seulement une question environnementale, elle est devenue une impérative pour la stabilité économique et sociale de la Tunisie.

