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Déchets : la Tunisie peut-elle tripler ses investissements pour éviter l’asphyxie ?

Une étude récente de la Banque mondiale, réalisée avec l’appui de PROBLUE et du Climate Support Facility, tire la sonnette d’alarme : la Tunisie fait face à un défi environnemental et financier colossal dans la gestion de ses déchets municipaux.

Le constat est sans équivoque. Alors que chaque Tunisien produit en moyenne près d’un kilo de déchets par jour (0,80 kg), le volume national devrait doubler d’ici 2050, passant de 3 à 6 millions de tonnes annuelles. Si le taux de collecte affiche 72%, les insuffisances du système coûtent déjà cher : la dégradation environnementale est estimée à 155 millions de dollars par an.

Pour aligner le pays sur les objectifs de développement durable (ODD), l’effort d’investissement doit être massif. Les dépenses annuelles, qui s’élevaient à 141 millions de dollars en 2022, devront être multipliées par plus de trois, atteignant près de 500 millions de dollars (environ 1,55 milliard de dollars) d’ici le milieu du siècle.

Une armée de l’ombre essentielle au système

Le rapport met en lumière un pilier méconnu de la gestion des déchets : le secteur informel. Environ 8 000 travailleurs, localement appelés « Barbechas », opèrent dans l’ombre, représentant une force de près de 66 personnes pour 100 000 habitants. Les experts préconisent une meilleure intégration de ces acteurs pour améliorer la valorisation des matériaux et optimiser la chaîne de traitement.

Une ambition à hausser et une lueur d’espoir

Actuellement, la Tunisie est classée dans une catégorie moyenne (« Extension de service ») par la Banque mondiale. Son ambition affichée est d’atteindre un niveau bien supérieur, où la gestion serait pilotée par des mécanismes fiscaux incitatifs.

Malgré les défis, le pays se distingue sur un point positif dans la région MENA : son taux de compostage des déchets organiques dépasse les 5%, une performance notable qu’il ne partage qu’avec un petit nombre de pays comme le Qatar ou le Liban. Une base à consolider alors que la course pour une gestion durable des déchets vient de franchir un palier d’urgence.

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