De l’Atlantique à Bizerte : L’invasion silencieuse des « galères portugaises »
Le littoral tunisien, et plus précisément les rivages de Bizerte, est actuellement le théâtre d’un phénomène biologique qui mobilise tant la communauté scientifique que les autorités sanitaires. Sept spécimens de Physaliaphysalis, plus communément désignée sous les noms de « galère portugaise » ou « vessie de mer », ont été récemment identifiés sur la plage de Sidi Mechreg à Bizerte.
Dans une déclaration accordée à l’écho Tunisien, Mouna Limem activiste environnementale à l’association environnementale Tunisienne TUNSea a précisé les facteurs à l’origine de sa présence dans la mer méditerranéenne « d’un point de vue taxonomique, la physalie n’est pas une méduse au sens strict, mais un hydrozoaire siphonophore, un organisme colonial composé d’individus spécialisés vivant en étroite symbiose. L’activiste rappelle que cette espèce originaire des eaux tempérées et tropicales de l’océan Atlantique, ce « voilier » biologique pénètre dans le bassin méditerranéen et atteint les côtes tunisiennes sous l’influence déterminante des vents et des courants marins.

Elle a poursuivi : « Bien que la première observation documentée de l’espèce en Tunisie remonte à 1992, sa morphologie demeure un sujet d’étude fascinant. L’organisme est surmonté d’un flotteur pneumatophore translucide pouvant atteindre 30cm, lui permettant de naviguer à la surface, tandis qu’il déploie sous lui un arsenal de tentacules dont la longueur peut osciller entre 10 et 30 mètres. Elle a ajouté » Le 29 Mars 2026 , un pêcheur a trouvé sept individus de cette espèce sur la plage de Sidi Mechreg, à Bizerte la même plage où elle avait été signalée auparavant. »
Un arsenal venimeux de haute précision
Sous l’élégance de ses reflets bleutés se cache un système de défense d’une redoutable efficacité. Les tentacules sont tapissés de capsulesurticantes et de micro-harponschargésdevenin destinés à paralyser ses proies. Pour l’être humain, le contact provoque une réaction immédiate : une piqûre extrêmement douloureuse accompagnée de brûlures cutanées intenses.
La dangerosité de la Physalia physalis ne doit pas être sous-estimée. Dans les cas les plus sévères, l’envenimation peut entraîner des complications systémiques graves, allant jusqu’à l’arrêt cardio-respiratoire. Il est crucial de noter que le pouvoir urticant de l’animal persiste bien après sa mort ; une physalie échouée sur le sable reste venimeuse pendant environ 24 heures.
Vigilance et protocoles de secours
Face à cette menace qui touche également d’autres régions comme le littoral aquitain en France, la prudence est la règle d’or. Les experts recommandent aux usagers de la mer de ne jamais manipuler ces organismes, même s’ils semblent inertes. En cas d’observation, il est préconisé de les photographier à distance afin de nourrir les bases de données scientifiques sans s’exposer.
En cas de contact accidentel, un protocole précis doit être observé pour limiter la diffusion du venin :
- Proscrire l’eau douce : Il faut rincer abondamment la zone touchée avec de l’eau de mer exclusivement.
- Éviter les frottements : Ne pas frotter la peau directement avec la main.
- Extraire les filaments : L’application de sablesec ou de mousseàraser permet de piéger les restes de tentacules avant de les retirer délicatement.
Alors que la biodiversité marine continue d’évoluer sous l’effet des dynamiques océaniques, la présence de la galère portugaise en Méditerranée rappelle la nécessité d’une veille scientifique rigoureuse et d’une éducation environnementale accrue pour les populations côtières.

