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Comment allez-vous payer vos médicaments après le 8 décembre ?

Une décision lourde de conséquences pour des millions de Tunisiens vient d’être prise. Le Bureau national du syndicat des pharmaciens d’officine a annoncé, le 3 décembre, la suspension pure et simple du système du tiers payant pour les bénéficiaires de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM). Cette mesure, qui entrera en vigueur le 8 décembre prochain, marque un point de rupture dans un conflit latent et jette une lumière crue sur une crise systémique qui menace l’ensemble de la chaîne du médicament.

Face à l’impasse des négociations, les officines se retirent. Le syndicat justifie cette action radicale par le non-règlement des arriérés de la CNAM, l’absence d’un cadre juridique clair pour la profession et l’urgence de sauver une filière « au bord de l’effondrement ». « Aucune vision claire ni aucun engagement officiel garantissant la continuité de la relation contractuelle n’ont été enregistrés », déplore-t-il dans un communiqué, évoquant une « situation grave sans précédent ».

Une chaîne de distribution en état de choc

L’avertissement est sans équivoque : la crise ne se limite plus aux relations tendues entre les pharmaciens et la caisse d’assurance. Elle englobe l’ensemble de l’écosystème, des laboratoires pharmaceutiques locaux jusqu’aux grossistes-répartiteurs, tous étranglés par des difficultés financières. L’échec des négociations avec les fournisseurs en gros et les banques a précipité la situation.

Les conséquences sur le terrain sont déjà palpables. Les pharmacies, particulièrement celles des régions intérieures et des zones prioritaires, subissent des « pressions financières étouffantes » qui compromettent leur capacité à s’approvisionner. « Il est devenu impossible de continuer à fournir des services aux bénéficiaires de la CNAM, en raison de l’absence des garanties financières et juridiques nécessaires », souligne le syndicat. Des milliers de citoyens pourraient se voir privés d’accès aux médicaments.

Un ultimatum pour des solutions durables

Par cette suspension, les pharmaciens lancent un cri d’alarme à l’adresse des autorités. Ils exigent le paiement des dettes, la clarification du cadre légal de leur activité et des mesures urgentes, incluant un financement exceptionnel pour la CNAM dans la loi de finances 2026.

Le Bureau national se dit néanmoins ouvert à « toute initiative sérieuse et responsable » pour trouver une issue à la crise, à condition de préserver « la dignité des pharmaciens, les droits des patients et la stabilité du système de santé ». La balle est désormais dans le camp du gouvernement et de la CNAM. À partir du 8 décembre, les assurés devront avancer l’intégralité du coût de leurs médicaments, un fardeau insupportable pour beaucoup, qui pourrait déclencher une grave crise sociale et sanitaire. Le compte à rebours est engagé.

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