Berlinale: Pourquoi Kaouther Ben Hania a laissé son trophée ?
La position de la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania lors du festival « Cinema for Peace », organisé en marge de la Berlinale, a reçu le soutien appuyé du ministère des Affaires culturelles tunisien. Dans un communiqué diffusé ce mercredi, les autorités ont salué le refus de la cinéaste d’accepter la récompense du « Film le plus précieux », y voyant un acte fort en faveur de la cause palestinienne et un rejet explicite de toute forme de normalisation.
Selon le ministère, cette décision, prise sur la scène internationale, illustre une constance nationale. L’institution a souligné que ce geste, porté par Ben Hania et son équipe, « s’inscrit dans les constantes de la Tunisie, direction et peuple confondus, en soutien à la cause palestinienne », saluant au passage une prise de position morale assumée.
Sur place, la réalisatrice a motivé son refus par la présence de lauréats israéliens lors de la même cérémonie. Dans l’allocution qu’elle a prononcée, elle a expliqué que son film, La Voix de Rajab, dépasse le simple récit individuel. « Il ne raconte pas seulement l’histoire d’une enfant, mais met en lumière un système qui a rendu son assassinat possible », a-t-elle déclaré, préférant laisser le prix « en guise de rappel ». Pour elle, il était inconcevable que cette tragédie se réduise à un discours convenu sur la paix sans qu’il y ait de justice rendue.
L’œuvre s’inspire du drame de Hind Rajab, une fillette palestinienne tuée à Gaza dans un véhicule, ainsi que du sort des secouristes venus à son secours. Devant l’assistance, la cinéaste a tenu à élargir le propos, affirmant que ce drame « ne constitue pas un cas isolé ». Elle a dénoncé ce qu’elle considère comme un « génocide perpétré en toute impunité », pointant du doigt la complicité passive de puissances internationales et d’institutions ayant choisi le silence.

