Economie

BCT trace la voie : souveraineté, travail digne et gouvernance sans faille

Le samedi 13 décembre, lors de la fin des 39es Journées de l’entreprise de l’IACE à Sousse, Fethi Zouhaïr Nouri, gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), a appelé de ses vœux un sursaut national. Il met l’accent sur la nécessité d’une génération renouvelée d’entrepreneurs, d’initiatives porteuses et de financements innovants. Cette combinaison forme, à ses yeux, l’élan vital pour propulser l’économie tunisienne vers un nouveau palier.

Quatre piliers pour un élan partagé

Fethi Zouhaïr Nouri insiste : la Tunisie regorge de talents, mais attend un effort uni. Ce renouveau s’appuie sur des bases fermes – souveraineté économique, respect du labeur, priorisation des placements productifs, et gouvernance intransigeante face à la corruption et aux dérives. Ces choix s’inscrivent dans la mission stricte de stabilité monétaire de la BCT. « Les décisions d’investir, de financer et de bâtir, prises chaque jour par les entreprises et les banques, écrivent l’histoire économique d’un pays », a-t-il déclaré, pressant l’assistance à passer à l’action immédiate.

Sous sa direction, la BCT avance guidée par quatre repères : performance ciblée, prudence mesurée, endurance sereine, et prise en charge intégrale des devoirs. Cette ligne a permis de contenir l’inflation, d’ancrer le dinar et de rehausser la cote de crédit nationale, posant ainsi les fondations d’une reprise axée sur le concret.

Pressions sur une économie fragilisée

Depuis 2011, un événement extérieur brutal a dégénéré en crise globale – politique, sociale, économique, culturelle. Les équipes gouvernementales ont puisé dans l’emprunt pour absorber les demandes croissantes. La période 2021-2025 culmine avec des remboursements serrés : environ 14 milliards de dinars pour la dette extérieure étatique à long terme (54% des contrats de 2011-2025), et plus de 24 milliards pour la dette publique en 2024-2025.

Ces échéances compressées ont creusé les déficits de liquidités, favorisant les recours internes, dont des aides ponctuelles de la BCT au Trésor. L’institution cadre strictement son rôle : allègement provisoire des tensions immédiates. L’équilibre durable passe par des ajustements radicaux – contrôle budgétaire, assiette fiscale élargie, regain de confiance. Le gouverneur pose la devinette centrale : comment concilier fluidité bancaire, dynamisme du crédit et soutien aux finances publiques ?

Faiblesse persistante des investissements

Le taux d’investissement, aux environs de 16% du PIB, bride la progression, l’emploi et le renouveau structurel. Les prêts bancaires privilégient le bref terme – liquidités courantes et sauvegarde des stocks –, reléguant les ventures audacieuses. Les fonds étrangers pour PME stagnent, tandis qu’un climat d’obstacles décourage les porteurs de projets.

La consommation ou l’endettement ne sortiront pas ce nœud gordien ; seul l’investissement ciblé le fera : industrie, services qualifiés, agro moderne, numérique, énergie verte, savoirs avancés. Au cœur de mutations mondiales – tech, énergie, géopolitique –, l’immobilisme signe l’échec. Les firmes menacent de louper des débouchés à l’export, de perdre leurs experts, d’asphyxier leurs concepts.

Exhortations ciblées aux opérateurs

Aux dirigeants d’affaires, il commande un virage mental : montez des plans solides, limpides, visionnaires ; jugez votre valeur par des biens productifs robustes ; intégrez le risque comme pilier gérable et collectif. Les autofinancements dominent en Tunisie, négligeant les mixes financiers riches. Concevez des schémas hybrides, diversifiés.

Aux établissements de crédit : devenez des bâtisseurs, non de simples passeurs. « Vos atouts ultimes ? Des boîtes vitales qui s’étendent, vendent au monde, injectent et restituent », assène-t-il. « Lancez-vous sur l’innovation génératrice, avec rigueur sans crispation défensive. » Il tance les crispations réciproques et offre l’épaule de la BCT pour un crédit vertueux, investi.

La BCT assure la stabilité comme socle de foi : outils actualisés, appui aux vendeurs extérieurs, formation des équipes, pilotage avisé des flux.

Alliance pour l’avenir

Fethi Zouhaïr Nouri appelle à un pacte tripartite – firmes, crédit, BCT – bâti sur clarté, hardiesse, nouveauté, audace canalisée. Remplacez la frilosité par une vigilance proactive. La Tunisie, ouverte et souveraine, affrontera lucide les soubresauts planétaires, ouvrant horizons à sa jeunesse et vitalité pérenne à son économie.

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