Banque postale : 1200 bureaux pour une révolution financière au service des régions
Le projet de création d’une banque postale, actuellement en examen, suscite de grands espoirs, particulièrement dans les régions fragiles et défavorisées. Cette initiative, qui pourrait révolutionner le paysage financier tunisien, s’appuie sur un réseau solide de plus de 1200 bureaux répartis sur l’ensemble du territoire national.
Un paradoxe à résoudre
La Poste tunisienne affiche pourtant des performances remarquables, modernisation continue, digitalisation progressive et innovation régulière. Malgré ces avancées qualitatives, l’institution peine à s’élever au niveau du secteur bancaire traditionnel et à gagner ses galons dans ce domaine. Cette équation complexe a nourri une longue réflexion sur les moyens d’inverser cette tendance.
L’idée de créer une banque postale, bien que formulée depuis plusieurs années, est restée longtemps au stade des tergiversations. Aujourd’hui, elle prend enfin forme concrète avec le lancement, en juillet 2025, d’un projet de loi actuellement en débat à l’Assemblée des représentants du peuple.
Une transformation stratégique
Selon les architectes de ce projet, cette transformation vise à faire évoluer la Poste vers un statut de véritable institution financière, élargissant ainsi ses marges de manœuvre. Comme affirmé le 16 février dernier devant l’ARP, l’objectif prioritaire consiste à mobiliser un opérateur public de proximité capable de bancariser les populations que le secteur privé ne dessert pas.
Cette initiative poursuit plusieurs objectifs stratégiques :
- Contrer le marché parallèle en intégrant de nouvelles catégories de population
- Corriger les déséquilibres territoriaux aggravés par une faible densité bancaire
- Assurer une décentralisation financière qui fait défaut depuis des années
Des atouts considérables
La Poste tunisienne dispose d’arguments solides pour réussir cette reconversion. Son réseau de plus de 1200 bureaux couvre l’intégralité du territoire national, un avantage déterminant notamment dans les zones intérieures où l’accès aux services financiers reste limité. L’institution gère actuellement plus de 4 millions de comptes d’épargne et environ 2 millions de comptes courants.
Le programme de numérisation et de digitalisation progressive, lancé depuis quelque temps, renforce considérablement sa capacité d’action. Cette modernisation lui permet d’envisager sereinement l’élargissement de son champ d’intervention.
Une dimension sociale affirmée
Lors de la présentation du projet, l’accent a été mis sur la diversification des services proposés, avec des avantages préférentiels, voire symboliques. Cette orientation conforte la dimension sociale de l’entreprise et répond aux besoins des catégories démunies, souvent négligées par le secteur financier traditionnel.
Complémentarité plutôt que concurrence
Une fois concrétisée, cette nouvelle institution devrait agir comme un soutien majeur à l’inclusion bancaire. Les concepteurs du projet insistent sur son rôle complémentaire plutôt que concurrentiel par rapport au secteur financier existant. La banque postale s’attachera précisément à bancariser les populations défavorisées et à traiter les détails parfois négligés par les acteurs traditionnels.

