Artichaut à Manouba : une production en baisse malgré un potentiel export
Le gouvernorat de Manouba, fief tunisien de l’artichaut, consacre actuellement près de 400 hectares à cette culture. Pour la saison en cours, les producteurs tablent sur une récolte pouvant atteindre 8 000 tonnes. Une part importante, estimée à 40%, est vouée à l’exportation et à la transformation, une activité soutenue par cinq unités locales.
Pourtant, la filière fait face à des défis majeurs. Le Commissariat régional au développement agricologique (CRDA) constate un net recul de la production ces dernières années, principalement attribuable à la diminution des surfaces irriguées dédiées à cette plante. Une tendance qui contraste avec le dynamisme affiché lors du quatrième festival de l’artichaut, organisé à Jedaida jusqu’au 8 février.
L’événement met en lumière les savoir-faire locaux avec une quarantaine d’artisans, propose des expositions, des animations et des ventes directes du producteur au consommateur. Un séminaire scientifique est également au programme, axé sur l’avenir de la culture et son adaptation aux changements climatiques.
Ce rendez-vous rappelle le poids historique de la région. En 2013, Manouba détenait la première place nationale avec 28% des surfaces cultivées et près de 40% de la production totale. À l’échelle du pays, l’artichaut reste un produit d’exportation notable, représentant environ 7,7% des ventes à l’étranger de légumes, pour une valeur annuelle moyenne avoisinant les 8,2 millions de dinars.

