Environnement

La méduse à pois bleus : l’envahisseuse venue du Pacifique colonise le littoral tunisien

La Phyllorhiza punctata, communément appelée la méduse à points blancs. Elle se distingue par son ombrelle bleutée ou brunâtre, parsemée de taches blanches bien nettes, tandis que l’extrémité de ses bras oraux peut arborer une teinte bleu foncé.

Cette espèce n’est pas native de la Méditerranée. Originaire du Pacifique occidental et de la région indo-pacifique, elle est aujourd’hui considérée comme une espèce non indigène (Non-Indigenous Species) solidement établie dans le bassin méditerranéen.

Selon l’association des sciences participatives TunSea, le premier signalement officiel de la Phyllorhiza punctata en Tunisie remonte au mois d’août 2012, dans les eaux de la lagune de Bizerte. À ce stade, seuls des spécimens juvéniles – dont l’un affichait un diamètre d’ombrelle d’à peine 5 centimètres – y avaient été répertoriés. Mais dès l’automne de la même année, entre septembre et novembre, des individus adultes étaient à leur tour observés, avant qu’une nouvelle série de signalements n’intervienne entre août et octobre 2013.

Ces observations successives ont rapidement levé tout doute : l’espèce, parvenue à se reproduire sur place, témoignait d’une capacité certaine à s’acclimater durablement aux écosystèmes tunisiens. La suite de sa progression n’a fait que confirmer cette installation, avec une apparition dans le golfe de Gabès en 2017. Aujourd’hui, la méduse à points blancs ne se cantonne plus à quelques foyers localisés : elle est désormais largement répandue sur l’ensemble du littoral tunisien.

Chez l’être humain, la piqûre reste généralement bénigne et cette méduse ne figure pas au rang des espèces redoutables. Il n’en demeure pas moins prudent d’éviter tout contact direct à mains nues, fût-elle réputée pour sa faible toxicité.

Le spécimen observable sur ce cliché semble être un juvénile, cette espèce pouvant effectivement atteindre des dimensions imposantes. Des individus dont l’ombrelle mesurait environ 40 centimètres de diamètre ont déjà été répertoriés dans la lagune de Bizerte. Lorsque les effectifs se densifient, la méduse est à même d’affecter le zooplancton et d’occasionner des désagréments notables aux pêcheurs, en s’agglomérant massivement dans leurs filets.

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