Economie

Déficit commercial tunisien : 15 milliards, et la facture énergie s’alourdit de 35,7 %

À fin juillet 2026, le commerce extérieur tunisien affiche une croissance nominale soutenue des échanges, mais le déficit commercial se creuse à un rythme préoccupant. Les exportations progressent de 9,9 % sur un an, contre un recul de 0,2 % à la même période en 2025, tandis que les importations accélèrent plus fortement, à +13,7 % après +4,7 % un an auparavant, selon le bulletin hebdomadaire d’Ecoweek.

Le solde commercial se dégrade à 15 milliards de dinars, en hausse de 25,6 % par rapport à fin juillet 2025, représentant désormais 8,3 % du PIB contre 7 % un an plus tôt. Cette détérioration n’est pas le signe d’un recul des exportations, mais traduit avant tout une vulnérabilité structurelle : la Tunisie est importatrice nette d’énergie et de produits alimentaires, deux catégories dont les prix ont fortement augmenté sur les marchés internationaux. L’effet-prix gonfle certes les recettes à l’export, mais il alourdit encore davantage la facture des importations, creusant mécaniquement le déficit.

Le secteur offshore demeure le pilier des exportations tunisiennes, générant 28,8 milliards de dinars, en hausse de 7 % sur un an, et représentant 70,8 % des exportations totales. Sa part recule légèrement par rapport à 2025 (72,6 %), non pas en raison d’un fléchissement de l’activité, mais parce que les exportations agroalimentaires progressent à un rythme plus soutenu.

La pression est particulièrement forte sur deux postes. Les importations énergétiques bondissent de 35,7 % pour atteindre 10,1 milliards de dinars, tandis que les importations alimentaires progressent de 46,5 % à 3,54 milliards. Ces hausses reflètent à la fois un effet-prix marqué et une dépendance structurelle aux approvisionnements extérieurs que les fondamentaux de l’économie tunisienne ne permettent pas encore de réduire.

Au total, les chiffres de fin juillet 2026 décrivent une économie disposant de relais exportateurs réels, mécanique-électricité, offshore, agroalimentaire, mais dont les gains sont en grande partie annulés par une facture d’importation qui croît plus vite. Tant que la dépendance énergétique et alimentaire ne sera pas réduite, la hausse des cours mondiaux restera un facteur structurellement défavorable au solde commercial tunisien.

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